
Assise sur un muret de pierre, Anne compte les goodies publicitaires qui s’entassent dans son cabas. Sachet de saucissons Cochonou, bouteille d’huile d’olive Puget, porte clés Le Gaulois… La grand-mère, originaire de Pontarlier, où vont arriver dans quelques heures les cyclistes, est fière de sa récolte. « C’est la 8e fois que je viens voir le Tour, explique-t-elle, avant d’enchaîner un grand sourire aux lèvres : Je préfère la caravane que les cyclistes. Eux, ils passent trop vite, et puis, ils ne nous donnent rien du tout ».
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Cette opinion, véritable blasphème pour les aficionados de la petite reine, semble être partagée par une bonne partie du public qui s’amasse le long des routes du Tour de France.
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Sourires matinaux
C’est vers 7h du matin que, tous les jours du Tour de France, le convoi de la caravane s’anime. Marques par marque, les véhicules arrivent. Et se garent sur le parking qui leur est assigné. Le tout, sous l’œil bienveillant, voir franchement amusé, de la maréchaussée.
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C’est de la petite ville de Nantua, au cœur de l’Ain, que la caravane et les cyclistes vont aujourd’hui s’élancer, pour une étape vallonnée de 184,2 km au cœur du Jura.
« C’est vraiment une expérience incroyable, dingue. Avec les équipes de la caravane, on est comme une grande famille »
Sur le parking du départ, la bonne ambiance règne en maître. Chacun se salue, tout le monde se connaît, et les éclats de rire fusent. Alice, 24 ans, s’enduit de crème solaire du haut de son char. Elle est animatrice pour la célèbre marque de boissons Tourtel, élue 2e caravane préférée du public en 2022. « Nous sommes là pour mettre de l’ambiance, et distribuer des canettes aux spectateurs. Notre but est de rafraîchir le public ! », lance la jeune fille. C’est le 3e Tour de France qu’elle effectue avec la caravane, le « meilleur moment de l’année », assure-t-elle. « C’est vraiment une expérience incroyable, dingue. Avec les équipes de la caravane, on est comme une grande famille », confie Alice, qui répondra présente pour l’édition 2026 du Tour de France.
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Une « colonie de vacances pour adulte »
Tandis que les enceintes crachent de la variété française, une pétanque est organisée sur un coin de parking. À quelques mètres de là, Thierry astique son char. Le fringant sexagénaire est conducteur pour la marque de volaille Le Gaulois. Il a fêté cette année ses 60 ans, sur le tour. « Je viens de Normandie, j’ai toujours trempé dans le vélo, raconte-t-il. Un jour, j’ai postulé pour intégrer la caravane du Tour de France, et j’ai été pris. C’était il y a 11 ans. » Avec ses 8 véhicules, la marque Le Gaulois distribue environ 650 000 goodies durant le Tour. Pour Thierry, faire partie de la caravane du Tour de France est un honneur. Et une grande joie. « Ici, c’est comme une colonie de vacances pour adulte. Tous les étés, on retrouve les copains pour un mois. Ce que je préfère, c’est de voir les sourires du public. On distribue des sourires… »
« Un bob Cochonou ou rien »
Il est maintenant l’heure du départ. Après une chorégraphie endiablée, le convoi s’ébranle enfin. Dans la caravane, qui compte près de 170 véhicules, la flotte de sept 2 Chevaux de la marque Cochonou fait figure de superstar. Ornées de la célèbre robe rouge et blanche dite « vichy », les voitures datant des années 80 font sensation. Et suscitent des réactions endiablées chez les spectateurs.
Précieux goodies
Ces derniers sont prêts à tout pour récupérer des goodies. Et en particulier le Saint-Graal du Tour, le mythique bob Cochonou. Tentes, parapluies retournés, panier de basket voire cuvette de W.-C… Tout est bon pour attirer l’attention des donneurs de goodies. Ces derniers lancent à la volée les sachets de saucissons, paquets de pâtes, tubes de mayonnaise…
Tout comme ils acclameront les cyclistes dans quelques heures, les spectateurs venus nombreux assister à l’avant-dernière étape, agitent des drapeaux, et applaudissent en chœur les véhicules publicitaires. À côté de pancartes de soutien à Jordan Jegat, ou Kévin Vauquelin, nombre de bouts de cartons demandent, eux, des goodies. « Un bob Cochonou ou rien », clame une pancarte brandit par une fillette d’une dizaine d’années. Son frère lui, tient à bout de bras un grand panier d’osier, déjà à moitié remplis d’objet divers et variée.
Les gendarmes qui surveillent depuis les bords de routes la bonne marche du Tour ne sont pas en reste. Et n’hésite pas à saluer de la main le convoi. Voire, à faire un pas de côté pour récupérer un paquet de saucissons.
Ligne d’arrivée
La ligne d’arrivée se rapproche, et est finalement franchie par le convoi. Mais pas question pour la caravane de s’arrêter, et encore moins de faire une pause. Les 2 chevaux de Cochonou, ainsi que leurs collègues, sont attendus demain à Paris, pour la dernière étape du tour. L’air fatigué mais heureux, Damien, conducteur de la 2 Chevaux limousine, file garer sa voiture sur le camion qui les emmènera à la capitale. Dimanche soir, une grande fête réunira l’intégralité des membres de la caravane. De quoi finir en beauté un mois de course qui passe « vraiment trop vite », comme l’avoue Thierry.
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