Comment enrayer l’ultraviolence ? La question hante de nombreux maires face aux scènes de « guérilla » qui embrasent le pays cet été. Des communes telles que Béziers (Hérault), Nîmes (Gard) ou Limoges (Haute-Vienne) ont été contraintes de déployer une série de mesures d’urgence, parmi lesquelles l’instauration d’un couvre-feu pour les mineurs – qui va des moins de 13 ans aux moins de 16 ans selon les arrêtés municipaux.
À Viry-Châtillon (Essonne), où un adolescent a été tabassé à mort en avril 2024, le dispositif est renouvelé depuis 2017 durant la période estivale. « Même si certaines familles sont dépassées, la plupart d’entre elles préfèrent voir un policier ramener leur fils plutôt que de recevoir un appel de l’hôpital », explique le maire centriste Jean-Marie Vilain. À Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes), le même dispositif a été mis en place il y a plus de deux décennies.
« C’est aussi à l’État de mettre fin à l’impunité »
Le maire, Louis Nègre, vante les résultats de cette politique « de long terme » qui a permis de hisser sa ville parmi les communes de plus de 50 000 habitants « les plus sûres » de France. « Cela s’inscrit dans une stratégie globale qui repose sur la répression [avec une tolérance zéro, NDLR] et sur la prévention », développe l’édile Les Républicains, qui dispose d’importants effectifs de police et de 250 caméras de vidéosurveillance.
Même constat à d’Orléans où un autre maire LR, Serge Grouard, a instauré un couvre-feu de 23 heures à 6 heures entre 2001 et 2021. « Cela a contribué à responsabiliser les parents, en plus d’agir sur le trafic de drogue en compliquant le recours aux guetteurs, qui sont souvent recrutés parmi les plus jeunes », détaille le maire de la ville du Loiret, qui compte aujourd’hui « dix fois moins de mineurs mis en cause dans des actes de délinquance » qu’à l’époque – au point qu’il ne juge « plus nécessaire » d’appliquer cette mesure dans sa commune.
Malgré ce bilan globalement positif, ces élus en ont conscience : à lui seul, le couvre-feu ne suffit pas. « Il y a des quartiers où même les CRS ne peuvent plus entrer. C’est tout un arsenal qui doit être déployé. Et c’est aussi à l’État de mettre fin à l’impunité », estime Serge Grouard, pour qui la justice a un rôle à jouer.
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Le maire d’Orléans se souvient d’ailleurs de la controverse suscitée à l’époque où il a pris cette initiative. « Nous avons été conspués. Le préfet de région m’a déféré au tribunal parce que je portais soi-disant atteinte à la République. Et le ministre de l’Intérieur a porté l’affaire jusque devant le Conseil d’État », rembobine celui qui a fini par gagner sa bataille administrative.
Et pourtant, vingt ans plus tard, « certains continuent de dire n’importe quoi sur ces couvre-feux », déplore l’édile, faisant allusion à une partie de la gauche et à des associations comme la Ligue des droits de l’Homme, qui voient dans cette mesure une « atteinte aux libertés fondamentales »…
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