
François Bayrou n’a pas mâché ses mots. Quelques heures après la conclusion d’un accord entre l’Union européenne et les États-Unis sur les droits de douane, le Premier ministre a réagi par un message sur X au ton amer. « C’est un jour sombre que celui où une alliance de peuples libres, rassemblés pour affirmer leurs valeurs et défendre leurs intérêts, se résout à la soumission », a-t-il asséné.
Publicité
La suite après cette publicité
Le Premier ministre est loin d’être le seul, en France, à avoir accueilli froidement le consensus dégagé par Ursula von der Leyen et Donald Trump. Plusieurs membres du gouvernement français ont abondé dans le même sens. « C’est un accord qui permet d’apporter de la stabilité, mais qui reste déséquilibré », a déploré, ce lundi 28 juillet, sur RTL, le ministre de l’Industrie Marc Ferracci. « Les États-Unis ont décidé d’imposer par la force une nouvelle loi de la jungle », s’est de même indigné le ministre délégué au Commerce extérieur Laurent Saint-Martin. De son côté, le ministre chargé de l’Europe, Benjamin Haddad, a averti : « Si les Européens ne se réveillent pas, les difficultés des autres paraîtront toutes relatives face à notre décrochage ».
La suite après cette publicité
Du côté de l’opposition, les critiques sont encore plus virulentes. La cheffe des députés RN, Marine Le Pen, a dénoncé « un fiasco politique, économique et moral ». À l’autre bout du spectre politique, le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a pesté contre un accord de la « honte ». Le secrétaire général du Parti socialiste, Pierre Jouvet, a quant à lui déploré une « vassalisation » par les États-Unis. Quand son collègue, le député socialiste Philippe Brun a affirmé « qu’aucun Européen ne peut se satisfaire de ce “Munich commercial” ».
En bref, l’accord commercial conclu entre l’Union européenne et les États-Unis prévoit des droits de douane de 15 % sur les exportations européennes, sauf sur certains produits stratégiques, dont l’aéronautique et l’agriculture. De plus, l’UE s’est engagée à acquérir pour 750 milliards de dollars d’hydrocarbures américains, afin de remplacer ses importations en provenance de la Russie, et à réaliser 600 milliards d’investissements supplémentaires aux États-Unis. Le détail des investissements sera bientôt dévoilé. Le président américain a également évoqué des « centaines de milliards de dollars » d’achats d’armement par les Européens.
Source : Lire Plus






