Ce lundi, le tribunal correctionnel de Paris a condamné les dix accusés dans le procès pour cyberharcèlement à l’initiative de dix personnes de Brigitte Macron à des peines allant jusqu’à six mois de prison ferme.
La décision attendue est tombée. Le tribunal correctionnel de Paris a rendu ce lundi sa décision dans le procès pour cyberharcèlement à l’encontre de la première dame, Brigitte Macron, dans lequel dix personnes étaient impliquées : les huit hommes et deux femmes ont écopés de peine allant jusqu’à six mois de prison ferme.
Professeur, élu local, médium, courtier… Les profils des condamnés sont diversifiés, mais tous ont un point commun : ils ont diffusé ou relayé des rumeurs et des insultes à l’endroit de la femme d’Emmanuel Macron sur les réseaux sociaux.
La peine de 6 mois de prison ferme a été prononcée contre un des prévenus en raison de son absence à l’audience.
«Zoé Sagan» écope de la plus forte peine avec sursis
Les dix accusés ont été condamnés à des peines allant de trois à six mois de prison avec sursis. Âgés de 41 à 65 ans, on compte parmi eux l’écrivain Aurélien Poirson-Atlan, qui détient le compte «Zoé Sagan», avec lequel il aurait tenu des propos sexistes envers Brigitte Macron. Douze mois de prison avec sursis et 8.000 euros d’amende ont été requis contre lui, considéré comme le principal accusé. Il a écopé de la peine maximale prononcée avec sursis, soit huit mois.
Six mois de prison avec sursis contre la médium Amandine Roy ont également été prononcés. Si elle échappe aux 4.000 euros d’amende qui avaient été requis, elle doit faire face à une suspension de ses comptes en ligne pendant les six prochains mois. Pour rappel, cette dernière est l’autrice d’une vidéo virale publiée en 2021 affirmant que Brigitte Macron n’aurait jamais existé et que son frère Jean-Michel Trogneux aurait pris son identité après une transition de genre.
Les sept autres accusés ont écopé de peines moins importantes. Le seul condamné à avoir présenté ses excuses est Jean-Christophe D, qui n’a donc écopé que d’un stage de sensibilisation pour les infractions commises en ligne.
Absente du procès, qui s’est tenu les 27 et 28 octobre dernier, Brigitte Macron, 72 ans, avait expliqué aux enquêteurs lors de sa plainte déposée fin août 2024 que la rumeur la présentant comme une femme transgenre avait eu «un très fort retentissement» sur son entourage et sur elle-même, rapportant que ses petits-enfants entendaient dire que «leur grand-mère est un homme».
Les instigateurs et les suiveurs
Les réquisitions les plus lourdes visaient les prévenus jugés les plus influents sur les réseaux sociaux, qualifiés d’«instigateurs» par le procureur Hervé Tétier : Aurélien Poirson-Atlan, Amandine Roy et le galeriste Bertrand Scholler. Les sept autres ont été présentés comme des «suiveurs» qui se seraient «laissés aller» depuis «leur canapé», certains s’étant simplement contentés de relayer ou de «liker» quelques publications.
Sur son compte X, depuis suspendu, Zoé Sagan, 41 ans, avait qualifié l’écart d’âge entre les époux Macron de «crime sexuel» et de «pédophilie cautionnée par l’État». Le publicitaire est également connu pour avoir diffusé en 2020 des vidéos à caractère sexuel de Benjamin Griveaux, contraint de renoncer à la mairie de Paris. Amandine Roy avait pour sa part déjà été condamnée en première instance pour diffamation en 2024 dans un autre procès, puis relaxée le 10 juillet en appel.
Si les rumeurs concernant la transidentité de Brigitte Macron ont émergé en France, il n’a pas fallu longtemps pour qu’elles traversent l’Atlantique. Ainsi, l’influenceuse américaine Candace Owen, ferme soutien de Donald Trump, a publié une série de vidéos basées sur le livre de Xavier Poussard : «Becoming Brigitte», dont la viralité a donné un écho mondial à la rumeur transphobe.
Le couple présidentiel a engagé cet été plusieurs poursuites aux États-Unis contre la podcasteuse de 36 ans. Cette plainte, doublée de la riposte judiciaire française, intervient après quatre ans de polémiques et de rumeurs sur les réseaux sociaux.
Brigitte Macron n’est pas la seule personnalité féminine à avoir subi ce genre de cyberharcèlement. Plusieurs femmes politiques dans le monde ont déjà fait les frais d’infox à caractère transphobe, comme l’ex-Première dame des États-Unis Michelle Obama, l’ex-vice-présidente américaine Kamala Harris ou l’ancienne Première ministre néo-zélandaise Jacinda Ardern.







