La chaîne d’information de l’empire Bolloré a été épinglée par le gendarme de l’audiovisuel ce mardi, en raison de propos tenus sur son antenne par la maire LR de Romans-sur-Isère et un journaliste du média d’extrême droite «Frontières».
Comme un air de déjà-vu. A peine 24 heures après avoir été classée première chaîne d’information de France en 2025, CNews est rattrapé par la patrouille. Selon une décision publiée ce mardi 30 décembre au Journal officiel, l’Arcom, le régulateur de l’audiovisuel a mis en demeure la station de Vincent Bolloré pour des propos tenus à l’antenne sur l’immigration et l’islam lors de deux séquences pouvant inciter à la «discrimination».
Le 29 janvier, dans l’émission «La grande interview», Marie-Hélène Thoraval, la maire LR de Romans-sur-Isère (Drôme) avait déclaré à l’antenne que les attaques au couteau relevaient «d’un caractère culturel», leurs auteurs n’étant pas «Français de souche», et ayant «des origines qui sont plus liées avec […] l’islam».
La deuxième séquence pointée par l’Arcom concerne l’émission «Morandini Live» datée du 20 mars, au cours de laquelle un journaliste du média d’extrême droite Frontières, Jordan Florentin, avait présenté les personnes immigrées comme des «masses» qui «ne peuvent pas forcément s’acclimater avec nos valeurs, nos mœurs, et notre culture». Au même micro, il avait qualifié leur arrivée en France de «grand remplacement».
Outre la nature nauséabonde des propos, c’est aussi l’absence de réaction des animateurs de CNews présents sur le plateau qui a interpellé le régulateur de l’audiovisuel. Dans le cas de la première séquence, l’Arcom a estimé qu’une «telle stigmatisation», qui n’a «suscité aucune réaction de la part de l’animatrice» Sonia Mabrouk, est «de nature à encourager des comportements discriminatoires».
Les propos du journaliste de Frontières quant à eux, ont été dénoncés par l’Arcom pour avoir véhiculé «de nombreux stéréotypes particulièrement infamants à l’égard des personnes immigrées dans leur ensemble, de nature à encourager des comportements discriminatoires à leur égard en raison de leur nationalité ou de leur origine». «Si ces propos ont été en partie contredits, cette contradiction n’a pas été suffisante», souligne le régulateur. Surtout que Jean-Marc Morandini – le présentateur de l’émission en question -, «a pris le parti de la personne les ayant tenus».
CNews n’a pas réagi dans l’immédiat à la décision de l’Arcom. Le régulateur de l’audiovisuel a le pouvoir d’intervenir auprès des chaînes auxquelles elle donne l’autorisation d’émettre, pour leur rappeler leurs obligations. Dans l’échelle des interventions de l’Arcom, la mise en demeure suit la mise en garde et peut déboucher sur une sanction financière en cas de nouveau non-respect des obligations.
Le 13 novembre, la chaîne a été sanctionnée à une amende de 200 000 euros pour désinformation climatique par le Conseil d’Etat, une première en France, à la suite de la condamnation de l’Arcom datant de juillet 2024.
Pour rappel, C8, autre chaîne de la galaxie Bolloré, avait écopé de 36 mises en garde et amendes du gendarme français de l’audiovisuel pour des manquements à ses obligations légales. Ce qui avait conduit au non-renouvellement de sa fréquence TNT en février.







