À Crans-Montana, après le recueillement, l’heure est maintenant aux questions sur la responsabilité des gérants du bar.
La justice a décidé de mettre en détention provisoire le propriétaire français Jacques Moretti en raison d’un risque de fuite.
Elle s’est appuyée sur son profil controversé mais également sur ses déclarations qui mettent en lumière de graves négligences dans la gestion de l’établissement.
Maintenant, c’est nos autorités qui doivent faire le point, la vérité sur tout ça. C’est tout ce qu’on attend.” Après l’émotion, à Crans-Montana, les habitants demandent désormais des réponses. Ils veulent notamment savoir quelle est la responsabilité du couple de gérants dans l’incendie qui a fait 40 morts et 116 blessés. Jacques Moretti, le propriétaire français, a été placé ce vendredi 9 janvier en détention provisoire par la justice suisse qui a estimé qu’il existait un risque de fuite. Sa femme, elle, reste libre.
Pour Me Sébastien Fanti, l’avocat de plusieurs victimes, le sentiment est partagé après cette décision. “Mes clients réagissent par un soulagement s’agissant du placement en détention de monsieur, par une incompréhension s’agissant de madame. Ils considèrent que c’est injuste alors qu’elle était là ce soir-là”, affirme-t-il dans le reportage ci-dessus. Les journalistes de TF1 ont pu avoir accès aux déclarations de Jacques Moretti lors de sa première audition face aux enquêteurs. Il explique être arrivé sur place alors que l’incendie était en cours. “Nous sommes allés à la porte de service que nous avons découverte fermée et verrouillée. Avec les deux autres personnes présentes, nous avons forcé la porte et elle a fini par céder”, a-t-il indiqué, selon une source proche du dossier.
Derrière la porte, il découvre plusieurs corps inanimés. S’agissait-il d’une issue de secours ? Lui évoque plutôt une porte de service. Quant à la mousse au plafond, probablement à l’origine du départ de feu, il déclare l’avoir achetée dans un magasin de bricolage et l’avoir installée lui-même en 2015. “Depuis ces travaux d’il y a 10 ans, je n’ai pas effectué de rénovations supplémentaires”, a-t-il assuré. Les enquêteurs s’intéressent également au passé trouble de cet homme. Originaire de Corse, âgé de 49 ans, il gérait l’établissement depuis 2015. Quelques années plus tôt, il avait été condamné par la justice française pour des faits de proxénétisme aggravé.
Selon l’un de ses anciens employés joint par téléphone, l’homme prenait parfois des libertés avec la loi. “Jacques, c’est quelqu’un qui ne voit que par l’argent. Il nous forçait à utiliser les jus périmés dans les cocktails. Moi, à un moment, je refusais des mineurs parce qu’ils n’ont pas le droit de consommer de l’alcool fort et Jacques nous forçait à servir des alcools forts”, raconte-t-il.
La situation de Jacques Moretti doit être réexaminée par un tribunal dans les prochains jours. S’il fournit suffisamment de garanties, il pourrait ressortir libre dans l’attente de son procès. Contactés, les avocats du couple répondent ne pas être autorisés à s’exprimer sur le fond du dossier.







