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“Je suis arrivée en larmes”: des avocates sommées d’enlever leur soutien-gorge pour entrer en prison



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30 Août 2022
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“Je suis arrivée en larmes”: des avocates sommées d’enlever leur soutien-gorge pour entrer en prison
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Certains surveillants demandent à retirer les soutiens-gorge lorsque les baleines font sonner les portiques de sécurité. Si ces faits restent minoritaires, cela fait des années qu’ils sont pointés du doigt comme des pratiques discriminatoires.

Retirer son soutien-gorge afin que les portiques de sécurité ne sonnent pas pour aller voir un client en détention. C’est l’étonnante requête à laquelle Me Naïri Zadourian a dû se plier le 16 août dernier, alors qu’elle tentait d’entrer à la prison de Varennes-le-Grand, en Saône-et-Loire.

“Je porte une chemise blanche. Je suis arrivée au parloir en larmes de honte”, racontait-elle sur son compte Twitter récemment.

Selon le récit qu’elle livre sur le réseau social, ce n’est pas la première fois que ses affaires semblent poser problème lorsqu’elle se présente à l’entrée de cette maison d’arrêt pour des rendez-vous avec un client. Quelques jours avant l’incident, elle disait déjà ne s’y rendre qu’avec le minimum syndical: “Mes vêtements et un ordinateur. Ça change rien. Je commence à croire qu’ils veulent juste me voir à poil en fait”, lançait-elle avec ironie.

Et la situation n’est pas si exceptionnelle que l’on pourrait le croire, souligne l’avocate Julia Courvoisier dans un tweet en réaction à ce qu’a subi sa consœur.

À Villefranche-sur-Saône en 2016. À la prison de Fresnes en 2017. À Toulouse en 2020. L’an dernier, c’est à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, qu’une avocate qui avait pu entrer en détention sans problème le matin-même s’est vue confrontée à ce problème, le portique ayant sonné à son retour l’après-midi. Alors qu’elle demande à ce qu’on lui passe le détecteur mobile, le surveillant refuse.

“Ça a pris des proportions dingues. La direction a soutenu le surveillant”, se souvient pour BFMTV.com Garance Le Meur-Abalain, membre de l’A3D, une association représentant les avocats intervenant en détention.

Si ces cas de figure restent minoritaires, ils sont pointés du doigt depuis de nombreuses années. “C’est une pratique très inégale sur le territoire. Déjà parce que ça dépend de la sensibilité du portique et de son seuil de déclenchement”, explique Garance Le Meur-Abalain.

Après que plusieurs cas similaires ont été remontés par l’A3D l’an dernier, la Direction de l’administration pénitentiaire a publié une note en juillet 2021: celle-ci stipule qu’en cas de déclenchement du portique de sécurité, le surveillant doit utiliser son détecteur manuel, puis procéder si nécessaire à une palpation. À comprendre: le retrait du soutien-gorge n’a pas à être exigé face à ce genre de problème.

Depuis, admet Garance Le Meur-Abalain, de moins en moins d’incidents ont été relevés. “Pour nous, avocates, avoir cette note sur nous ou dans notre téléphone est utile pour montrer qu’un surveillant est dans le faux” s’il demande à ce que le soutien-gorge soit retiré. “Quand on est en chemise tous les jours, ça peut être très humiliant.”

“J’ai toujours trouvé l’effeuillage particulièrement sensuel, moins quand c’est un surveillant pénitentiaire qui te contraint à retirer ton soutien-gorge et à le placer dans un bac pour passer les portiques de sécurité à l’entrée d’une maison d’arrêt”, ironisait l’an dernier Me Salomé Cohen, dans un témoignage également publié sur Twitter.

Alors que la note du directeur de l’administration pénitentiaire circulait déjà depuis un mois, l’avocate s’est vue à son tour demander de se plier à la règle controversée. Avec une consœur, elle devait se rendre à la prison d’Arles pour un rendez-vous avec un client prévu depuis deux mois.

Lorsqu’elle se présente au niveau du portique de sécurité, celui-ci se met à sonner. L’avocate retire un à un tous les vêtements susceptibles de poser problème, mais rien n’y fait. Le surveillant pénitentiaire lui adresse alors un regard avant de déclarer: “Il faut continuer”.

“Je me suis retrouvée seins nus devant lui”, témoigne Salomé Cohen, contactée par BFMTV.com. “De l’autre côté du tunnel de sécurité, il y avait des toilettes. Mais à aucun moment il ne nous a proposé d’aller nous changer là-bas.”

Celle qui se décrit comme une “grande gueule” explique avoir dû capituler face à l’importance du rendez-vous pour lequel elle venait exprès de Paris. “J’étais déboussolée. On a l’habitude d’être embêtées en tant que femmes avocates, mais là on n’avait pas le temps de discuter”, poursuit-elle, estimant avoir été victime d’un excès de zèle de la part du surveillant.

Face aux protestations de certaines avocates, c’est parfois l’argument de la sécurité qui est avancé: il ne faudrait pas qu’un détenu ait l’idée de se servir d’une baleine de soutien-gorge en fer comme d’une arme. Une réponse “pas du tout pertinente”, juge cependant Julien Brochot, membre du Conseil du barreau de l’Ordre des avocats de Paris, auprès de BFMTV.com.

“Les soutiens-gorge sans baleine peuvent aussi faciliter la pendaison. Pareil pour les lacets ou pour les ceintures. Le problème est infini”, souligne-t-il.

“On touche véritablement à l’intimité des individus et ces demandes n’ont aucun fondement logique”, résume Julien Brochot.

Selon lui, même si on ne peut pas dire qu’ils se produisent souvent, des incidents de la sorte sont remontés au Conseil environ “deux à trois fois par an”. Et Garance Le Meur-Abalain, de l’A3D, d’ajouter: “S’il y a des consœurs qui médiatisent ces pratiques, d’autres se plient à cette demande et font leurs parloirs sans soutien-gorge.”

Pourtant, il n’y a pas si longtemps, les avocats n’étaient pas sommés de passer sous les portiques de sécurité. Il faut remonter aux années 1980 pour voir cette règle faire jour dans les règlements des établissements pénitentiaires: à l’époque, une jeune avocate pénaliste, Brigitte Hemmerlin, qui défend un détenu condamné à mort, fait passer une arme à l’intérieur de la prison en la cachant dans son sac à main. Son client s’en empare pour tenter de s’évader.

Condamnée à cinq ans de prison pour cette faute et interdite d’exercer, la jeune femme est donc à l’origine de l’obligation des avocats de passer par les portiques pour accéder aux parloirs. “Ces contrôles constituent une forme d’autoritarisme”, estime aujourd’hui Garance Le Meur-Abalain. “On est obligés de s’y plier pour rendre visite à des clients.”

Plus largement, ces problèmes semblent s’inscrire dans des pratiques discriminatoires diverses que rencontrent des avocates à l’entrée des maisons d’arrêt. Récemment, le Conseil de l’Ordre du barreau de Paris a également dû intervenir auprès de la direction de la prison de Fresnes après qu’une consœur s’est vue demander de retirer certains vêtements de façon injustifiée. “Jimmy Delliste – le directeur de la maison d’arrêt – s’est engagé à ce que ça ne se reproduise plus”, affirme Julien Brochot.

Pour Salomé Cohen, ce type de pratique vise en majorité les femmes et relève de pratiques sexistes. “On se permet de faire ça aux femmes, beaucoup moins aux hommes”, déclare-t-elle.

“Il y a un avant et un après. Maintenant, je vais avoir tendance à prendre une grosse voix, à m’habiller de manière moins féminine quand je vais en maison d’arrêt”, raconte encore l’avocate.
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Julien Brochot souligne cependant davantage de compréhension et des comportements encourageants dans la réponse des établissements pénitentiaires ces derniers temps. “En l’état, les choses ne sont pas du tout parfaites, mais on a bon espoir que cela s’améliore.”

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