Les narcotrafiquants ne cessent d’innover pour acheminer leur drogue sur le sol européen. Depuis quelque temps, ils ont recours à la technique dite du « drop-off ». Une méthode utilisée pour éviter les grands ports et qui consiste à larguer en mer la cocaïne en provenance d’Amérique du Sud pour qu’elle soit récupérée par des complices. Dans la nuit de jeudi à vendredi, une vaste opération de police judiciaire a ainsi permis de démanteler l’un de ces réseaux en Normandie après que des informations ont fuité sur les préparatifs d’un « drop-off » imminent.
Vers minuit, alors que deux bateaux de pêche revenaient sur la côte, environ 800 kilos de poudre blanche ont été saisis à bord d’une des embarcations. Dans la foulée, six hommes, dont trois marins-pêcheurs, et deux femmes ont été interpellés au Havre et à Tancarville (Seine-Maritime) ainsi qu’à Ouistreham (Calvados). Selon la juridiction interrégionale spécialisée de Rennes, chargée de piloter l’affaire, certains des suspects, nés entre 1976 et 1999, « ont des casiers judiciaires liés à des infractions de pêche, d’autres des condamnations pour vols aggravés, violences ou trafic de produits stupéfiants ».
En parallèle, un cargo parti du Brésil et « identifié comme étant celui qui a transporté les stupéfiants à proximité des côtes françaises » a été dérouté vers le port de Dunkerque alors qu’il prenait la direction d’Amsterdam. Les 22 marins d’origine philippine qui composaient l’équipage ont été placés en garde à vue et le navire inspecté.
Dans un communiqué, Frédéric Teillet, procureur de la République de Rennes, s’est félicité de cette opération « qui est une première en France. » Elle a permis selon lui « de matérialiser pour la première fois une importation massive de cocaïne via la technique du drop-off, qui ne se traduisait jusqu’alors que par des échouages massifs de marchandise perdue sur les plages ». A l’issue des gardes à vue, il tiendra lundi après-midi une conférence de presse au tribunal judiciaire de Rennes.





