
Friedrich Merz tient bon. Malgré une décision de justice qualifiant d’« illégales » les pratiques mises en place depuis son arrivée au pouvoir, le chancelier allemand persiste : les refoulements aux frontières continueront. Le tribunal a réduit « peut-être encore un peu plus notre marge de manœuvre, mais nous savons que nous pouvons toujours procéder à des refoulements », a assuré mardi le chef du gouvernement conservateur, lors d’un congrès des communes et villes allemandes. Pour Merz, il s’agit de « protéger la sécurité et l’ordre public dans notre pays, pour éviter aux villes et aux communes d’être surchargées » et donner la priorité à l’immigration qualifiée.
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Lundi, le tribunal administratif de Berlin avait pourtant tranché : saisi par trois ressortissants somaliens récemment refoulés à la frontière polonaise, il a estimé que la nouvelle politique du gouvernement n’était pas conforme au droit, rappelle l’AFP. Entré en fonction en mai, l’exécutif dirigé par Merz a rapidement instauré ces renvois aux frontières, une promesse électorale phare censée répondre à une demande croissante de fermeté sur l’immigration, et qui respecte le « droit européen existant ». Berlin assure que les refoulements sont possibles en vertu d’accords avec les pays voisins et du règlement de l’Union européenne.
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Au sein même de la coalition gouvernementale, la ligne dure du chancelier ne fait pas l’unanimité. Matthias Miersch, président du groupe parlementaire du SPD, partenaire de centre-gauche du gouvernement, a appelé à la prudence : « Ce n’est pas encore une décision de dernière instance mais il faut la prendre très au sérieux », a-t-il souligné. Il exhorte l’exécutif à « évaluer rapidement le jugement rendu », estimant que « nous ne pouvons pas nous permettre de faire porter ces questions aux policiers » aux frontières.
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L’opposition écologiste, de son côté, dénonce une dérive. « Il est très inquiétant que le gouvernement teste au maximum le cadre juridique et soit prêt pour cela à accepter la violation du droit », a déclaré Felix Banaszak, chef de file des Verts, dans un entretien au groupe de presse Funke. Dans un contexte marqué par plusieurs agressions mortelles impliquant des étrangers, la stratégie de Friedrich Merz vise aussi à contenir la progression de la droite radicale. La CDU espère enrayer l’essor de l’AfD, désormais deuxième force politique du pays et en forte hausse dans les sondages.
Fin mai, le gouvernement avait déjà durci les règles du regroupement familial. Prochaine étape : la suppression d’« autant de programmes volontaires d’accueil que possible », a annoncé Merz, qui mise désormais sur des accords migratoires avec les pays d’origine.
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