
Pendant qu’à Paris, l’État mobilise des milliers de policiers pour sécuriser les Champs-Élysées en prévision d’une finale de Ligue des champions, à Innimond, petit village de l’Ain, 3 000 personnes ont investi illégalement un terrain agricole pour y organiser une rave-party sauvage. Une fête clandestine, non déclarée, sans encadrement, sans contrôle. Drogues, sono, alcool, cadavres de voitures et musique jusqu’au matin. Une jeune femme de 34 ans y a perdu la vie. Et l’État ? Il n’a rien fait. Rien.PublicitéÀ lire aussi
«On va brûler vos fermes» : des agriculteurs menacés après avoir délogé les fêtards d’une rave-party en Lozère
Pas de saisie de matériel ni pas de dispersion. Un pouvoir quasi invisible, des forces de l’ordre en sous-nombre, et une République en silence. Dans ce désert d’autorité, il ne restait que les élus locaux, seuls au front, contraints de rappeler des évidences : que la loi s’applique partout, même dans nos campagnes.
La suite après cette publicité
À 500 kilomètres de là, en Lozère, d’autres élus et agriculteurs ont dû eux-mêmes ériger des barricades pour empêcher une rave-party illégale sur une piste d’atterrissage privée. Ce sont des jeunes agriculteurs, avec leurs tracteurs, qui ont pris la place des gendarmes, pour défendre l’ordre. Est-ce cela, la République ? Est-ce cela l’État de droit ? Nous ne le croyons pas. Comment ne pas y voir le reflet d’une France à deux vitesses régaliennes ? D’un État fort avec les faibles, mais faible avec les forts ?
La suite après cette publicité
Abdication de l’État
Quand il s’agit de verbaliser un éleveur pour un défaut d’étiquetage, l’OFB arrive en escouade. Quand un agriculteur élague un arbre au mauvais moment, les sanctions pleuvent. Quand un maire autorise un feu d’artifice sans formulaire cerfa adéquat, la préfecture menace de recours. Mais face à 3 000 teufeurs, aux drogues, à la violence, aux terrains ravagés, aux riverains menacés… rien. Le droit vacille, l’ordre recule, et la mort s’invite.
« Nous ne voulons pas d’un pays où la loi s’applique à Paris et s’efface à Innimond »
Il faut oser le dire : ce n’est pas seulement une défaillance, c’est une abdication. La fermeté ne doit pas être à géométrie variable. Elle ne doit pas s’abattre uniquement sur ceux qui respectent la loi, paient leurs impôts et entretiennent leurs terres. Elle doit aussi, et surtout, s’imposer à ceux qui défient l’ordre public, transgressent les règles, méprisent les institutions et tuent la confiance républicaine.
La suite après cette publicité
La suite après cette publicité
L’État est attendu là où la loi chancelle. Et s’il ne vient pas, alors il trahit. Nous ne voulons pas d’un pays où la loi s’applique à Paris et s’efface à Innimond. Où l’on protège les Champs-Élysées et l’on abandonne les champs de nos paysans en Lozère. Où l’on rassure les foules urbaines et l’on méprise les élus ruraux.
Nous voulons une République une et indivisible, qui traite tous les citoyens avec la même exigence, la même protection, la même justice. À chaque fois que l’État recule, ce sont les territoires qui trinquent, les maires qui s’épuisent, les agriculteurs qui pleurent, et la République qui s’effondre.
Source : Lire Plus






