Qu’elles soient touchées par la montée de l’islamisme en France, en Belgique ou en Iran, des militantes se mobilisent à l’Assemblée nationale. À l’occasion d’une conférence ce mercredi 4 juin, un vibrant appel a été lancé. Le but : obtenir le dépôt d’une proposition de loi visant à lutter contre l’influence grandissante des Frères musulmans et des mouvements islamistes. La députée macroniste Constance Le Grip a ainsi réuni l’anthropologue belge Fadila Maaroufi, la militante et auteure franco-iranienne Mona Jafarian ou encore l’avocate Lara Fatimi au Palais Bourbon.
Au centre de la salle Colbert, les trois protagonistes ont raconté leurs parcours ébranlés par la montée de l’islamisme et la répression de leur liberté en tant que femmes. « Quand on prend de l’âge, on nous sexualise en Iran », témoigne Mona Jafarian. L’auteur du livre Je suis Iranienne, emmenée en France par sa mère lorsqu’elle était encore bébé, revenait régulièrement en Iran pour voir son père, resté au pays. Elle a toutefois fait rapidement face à la politique des mollahs – un « régime terroriste » – et vit aujourd’hui sous protection policière après avoir dénoncé à de multiples reprises l’ampleur de l’islam radical.
L’Europe face aux Frères musulmans
« Partout à travers le monde, l’islamisme est une pieuvre tentaculaire qui a envahi l’Occident », dénonce-t-elle, citant pêle-mêle « l’Afrique, les États-Unis, le Canada, le Proche et le Moyen-Orient ». Et d’insister : l’idéologie islamiste « se répand » aussi en France, notamment « dans les universités ». Mona Jafarian y voit d’ailleurs « les mêmes mécanismes mis en place pour faire tomber le dernier Shah d’Iran », Mohammad Reza Pahlavi, dont le règne a pris fin en 1979.
En Belgique, l’islamisation et le communautarisme semblent encore plus avancés. « Cela fait plusieurs décennies que cela se prépare. Aujourd’hui, de plus en plus de petites filles portent le voile », alerte Fadila Maaroufi. L’anthropologue d’origine marocaine, qui a subi un mariage forcé dans son pays d’origine, assure que les Belges « fuient la capitale » face à la montée de l’islamisme à Bruxelles.
Les élus qui tenteraient d’agir seraient pour leur part menacés de mort : « Quelques jours avant le vote d’une motion sur le port du voile dans les administrations publiques, certains d’entre eux ont reçu une balle dans leur boîte aux lettres. Ils ont finalement voté pour, en assurant qu’il n’y avait pas de lien avec ces menaces. »
La suite après cette publicité
L’avocate Lara Fatimi, fervente défenseure de la laïcité, évoque de son côté la stratégie de « victimisation » de certains musulmans, qui crient à « l’islamophobie » dès que la loi leur est rappelée. La magistrate évoque notamment la polémique autour du port de l’abaya à l’école – et son interdiction dès 2023. Malgré cela, de nombreux incidents ont depuis eu lieu à l’entrée de collèges et lycées français. « Ils connaissent le système et savent s’en servir », dénonce encore Lara Fatimi.
Cinq mesures réclamées
À l’issue de cette conférence, plusieurs mesures ont été demandées dans le cadre de la proposition de loi, dont « la dissolution de l’association des Musulmans de France » (ex-UOIF) et la « suppression des subventions des associations fréristes » signalées dans le rapport dévoilé par le ministère de l’Intérieur sur les Frères musulmans.
Les personnes présentes à cette conférence souhaitent aussi la « fermeture de tous les lieux de cultes prêchant des principes contraires aux droits humains, notamment les droits des femmes », et que les « comptes des influenceurs islamiques et des imams » prêchant une parole contraire au principe de la République soient bannis des réseaux sociaux. Elles demandent enfin une « application plus ferme de la loi sur l’interdiction des prières de rue et du prosélytisme religieux en cas de trouble à l’ordre public ».
Source : Lire Plus





