L’essentiel
- A la suite d’un signalement de la Fondation 30 millions d’Amis, les gendarmes ont découvert de nombreux animaux maltraités au domicile d’un particulier à Aiglun, dans les Alpes-de-Haute-Provence.
- Les animaux – un bouc, un bélier, une brebis, sept goélands, treize chats et un chien – vivaient dans des conditions déplorables, avec peu ou pas d’eau ni de nourriture.
- Ils ont été saisis et placés dans des centres adaptés, tandis qu’une procédure judiciaire a été ouverte, avec cinq délits et quatre contraventions déjà constatés.
Tout est parti d’un signalement envoyé par la Fondation 30 millions d’Amis à la brigade de gendarmerie de Bélone Durance. L’association soupçonnait la présence d’animaux maltraités au domicile d’un particulier habitant la petite commune d’Aiglun, près de Digne-les-Bains, dans les Alpes-de-Haute-Provence. Lors de leur visite sur place, il y a une semaine, les gendarmes ont pu confirmer les soupçons de l’association a-t-on appris, ce jeudi, auprès de la gendarmerie.
Déjà, l’état de la maison dans laquelle les gendarmes ont débarqué, mardi 27 mai, ne laissait augurer rien de bon. Le jardin était une friche servant à moitié de dépotoir et il régnait à l’intérieur de l’habitation un indescriptible capharnaüm. Et de la crasse. Partout.
« Avec de l’eau trouble et verdâtre, sans nourriture »
C’est d’abord dans un appentis, ouvert sur l’extérieur mais fermé par une sorte de barrière, que les militaires ont aperçu les premiers animaux : un bouc, un bélier et une brebis. Les deux premiers portaient une laine longue et sale qui n’avait pas été tondue depuis des lustres. Ces trois bêtes vivaient dans un espace minuscule « avec de l’eau trouble et verdâtre, sans nourriture, au milieu d’objets en ferraille les empêchant de circuler librement et avec un risque de blessure », détaillent les gendarmes.
A l’intérieur de la maison, c’était pire encore. Dans une première pièce, qui devait être autrefois une cuisine, un amas de vieux meubles vétustes et de foutoir. Le sol était jonché de fientes d’oiseaux en couches épaisses. Au fond de la pièce, empilées, des caisses à chats servaient de dortoir aux sept goélands enfermés là, « sans eau et avec très peu de nourriture ». Pourquoi ?
Treize chats dans une pièce, un chien dans la cave
Dans une autre pièce, tout aussi encombrée et sale, les gendarmes ont dénombré 13 chats. Sans accès à l’extérieur, les félins y erraient au milieu de leurs excréments et de gamelles vides et dégoûtantes. Puis c’est à la cave que les militaires ont fait leur dernière découverte. Là, dans le noir et la saleté, un chien était enfermé « sans eau ni nourriture ».
Notre dossier sur la maltraitance animale
Avec l’aide de militants de l’association, les animaux ont été saisis et « placés en urgence dans divers centres adaptés ». Tous feront l’objet d’examens vétérinaires et de soins. Pour l’aspect judiciaire, les gendarmes expliquent qu’une procédure en flagrance a été ouverte par le parquet de Digne-les-Bains. « Cinq délits et quatre contraventions ont d’ores et déjà été constatés », précisent-ils.






