
Pentecôte 1544, la nuit, dans les catacombes de Rome. Comme à son habitude, Philippe Néri se rend sur la tombe des martyrs, pour renouer avec la fraîcheur de la foi des premiers chrétiens qui ont donné leur vie pour le Christ. Mais ce jour-là, en cette fête qui rappelle l’Esprit Saint descendu sur les apôtres, il sent un globe de feu lui entrer dans la bouche et qui se répand dans sa poitrine.
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Il est alors submergé par une joie « qui lui vient tout entière de l’amour de Dieu », dira-t-il. Son cœur se dilate, au sens propre du terme : au moment de sa mort, les médecins constatent en effet que deux vertèbres de sa cage thoracique ont été écartées, et durant toute sa vie, il éprouvera une sensation de chaleur intense, même en plein hiver !
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Il a alors 29 ans. Florentin de naissance, saint Philippe Néri en possède le caractère enjoué, voire facétieux, qui le met de plain-pied avec le petit peuple comme avec les puissants. Voilà désormais dix ans qu’il prie la nuit comme un ermite, et déambule, le jour, dans les rues de Rome pour parler du Bon Dieu d’une manière familière et cordiale : « Quand commençons-nous à faire le bien ? » demande ainsi le « Bon Pippo » aux jeunes, au point d’être qualifié de « Socrate chrétien » par ses thuriféraires.
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Une grande liberté et une âme enflammée
C’est un original, avec une grande liberté et une âme enflammée qui cherche à communiquer Dieu dans une Rome en proie à la décadence et au désenchantement. La Ville a été mise à sac par les Lansquenets allemands, les élites ont fui et l’Église se remet à peine de la déliquescence des clercs — le pape Alexandre VI Borgia est mort il y a quarante ans… Quant à l’exubérance de la Renaissance, elle est en perte de vitesse et avec l’apparition de la Réforme protestante, c’est un monde qui s’écroule — celui de la chrétienté.
Dans cette période de transition, saint Philippe Néri est l’apôtre qui réévangélise Rome. Inventif, il relance le pèlerinage aux Sept basiliques — qui existe encore de nos jours —, entraînant à sa suite des milliers de personnes de la basilique Saint-Pierre à Sainte-Marie Majeure pour contrer les débordements du carnaval juste avant le Carême.
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Certains le jugent excentrique : il demande à une pénitente d’aller plumer une poule puis de retrouver toutes les plumes pour lui faire comprendre les dégâts des médisances ! Mais ce n’est pas un fol-en-Christ… Il est persuadé de l’importance de la culture pour évangéliser : il encourage chez ses disciples les études sur l’histoire de l’Église, la musique également avec Palestrina, dont les fameux oratorios tirent leur nom de l’ordre religieux naissant qu’il fonde, l’Oratoire.
Lorsque Philippe meurt, la Réforme catholique bat sa pleine mesure et a déjà produit une multitude de saints avec qui il est en lien : Ignace, fondateur des jésuites, Camille de Lellis qui crée un ordre hospitalier, l’archevêque de Milan, Charles Borromée… Conseiller admiré de sept papes, Philippe Néri plaide notamment auprès de Clément VIII en faveur de l’authenticité de la conversion au catholicisme du roi Henri IV. Ce qui valut aux souverains et chefs d’État français d’être chanoines d’honneur de la basilique du Latran jusqu’à aujourd’hui !
En partenariat avec France Catholique
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