Près de 90 heures de travail par semaine, quasiment pas de repos, un salaire pas toujours versé… Dans les colonnes du Parisien ce jeudi, une jeune femme de 23 ans raconte avoir vécu un véritable calvaire pendant plus de deux ans alors qu’elle travaillait comme fille au pair chez une famille dans les Yvelines.
Originaire d’Asie du Sud-Est, la titulaire d’un bachelor rêvait de quitter son pays. En janvier 2022, alors qu’elle avait 20 ans, elle postule pour devenir jeune fille au pair. Quelques semaines plus tard seulement, un couple de cadres habitant à Marly-le-Roi la contacte et lui propose de s’occuper de ses deux enfants, âgés de 4 et de 9 ans, contre 340 euros mensuels. Il lui offre le gîte et le couvert.
Cette opportunité, qui lui paraissait idéale, va vite tourner au cauchemar. Selon son témoignage, ses employeurs lui ont demandé bien plus que de s’occuper des enfants : ménage de toute la maison, cuisine de tous les repas, repassage… Au lieu des 25 heures légales, elle aurait travaillé plus de 88 heures par semaine. Elle n’aurait eu le droit qu’à cinq jours de congé entre décembre 2022 et mai 2023, et n’aurait pas été payée tous les mois.
Citée par nos confrères, l’ex-fille au pair dénonce le mépris de la mère de famille, directrice d’un Ehpad. « Elle me trait (ait) comme une esclave. Je (n’étais) jamais assez rapide pour elle », confie-t-elle. Elle raconte également avoir attendu plus d’un mois avant que son employeur lui prenne un rendez-vous, pourtant urgent, chez le dentiste. « A leurs yeux, ma vie valait moins que celle de leur chihuahua », lance-t-elle.
À bout, la jeune femme a fini par quitter le domicile et s’est réfugiée chez son compagnon à Paris. Soutenue par le Comité contre l’esclavage moderne (CCEM), elle a déposé une plainte pénale pour traite d’être humain en juillet dernier. Elle a également saisi le conseil de prud’hommes pour demander la requalification de son contrat en CDI. La décision sera rendue le 30 juillet.





