
Avouons-le, le hasard des acronymes offre parfois au chroniqueur des raccourcis commodes. Amélie Oudéa-Castéra, alias AOC, est devenue jeudi présidente du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), la septième de l’histoire moderne de cette institution héritière du coubertinisme, représentante officielle du Comité international olympique (CIO) et voix majeure du mouvement sportif hexagonal. David Lappartient n’ayant pas souhaité se représenter, la transition aurait pu se dérouler sans vagues avec, comme la coutume le veut peu ou prou, une personnalité directement issue du giron fédéral. Mais l’ancienne et relativement éphémère directrice générale de la Fédération française de tennis (FFT, mars 2021-mai 2022) a le don d’attirer – malgré elle ? – les projecteurs autant que les polémiques.
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Au fil d’une campagne éclair, elle a vu son seul opposant, l’ex-secrétaire général de l’institution Didier Séminet, retirer sa candidature en dénonçant notamment des « pressions politiques et institutionnelles ». « Il est à côté de la plaque », balaya-t-elle, restant tout aussi sourde aux soupçons de conflits d’intérêt portés par l’ancien président du CNOSF Denis Masseglia. Unique prétendante à la fonction, l’ex-251e mondiale à la WTA n’attendait plus que le score de son élection, thermomètre de sa future légitimité. Résultat, 100 % des voix. De quoi apaiser les tensions et se mettre au travail ? C’était sans compter sa demande de rémunération de 9 000 euros bruts par mois, certes loin de son salaire à la FFT (35 000 euros) mais pas vraiment dans les mœurs d’une maison encore baignée des idéaux du bénévolat malgré des enjeux financiers vertigineux.
La camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA va retrouver des dossiers qu’elle connaît par cœur
En attendant que la question soit tranchée, la camarade de promotion d’Emmanuel Macron à l’ENA va retrouver des dossiers qu’elle connaît par cœur, elle qui fut ministre des Jeux olympiques et paralympiques 2024. Depuis son départ en septembre dernier de l’avenue-de-France, siège du ministère, le sport a retrouvé la place qu’il occupe traditionnellement dans notre pays : négligeable. Les mesures-symboles comme les trente minutes quotidiennes de pratique à l’école n’ont pas été généralisées, l’héritage des Jeux semble ne plus intéresser personne et de nombreux champions se sentent abandonnés, voire trahis. Heureusement, les Alpes organiseront dans moins de cinq ans les Jeux d’hiver. C’est peut-être la dernière occasion de faire de la France une grande nation de sport et plus seulement de grands sportifs. Madame la présidente, ne la ratez pas.
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