
« J’ai senti une douleur aiguë dans mon bras gauche. En quelques minutes à peine, je me suis effondrée sur ma copine ». Le témoignage de Clémence est glaçant. Cette jeune Parisienne de 22 ans, comme des milliers de Franciliens, est venue danser avec son groupe d’amis pour la Fête de la musique, samedi soir. L’étudiante en droit a choisi Châtelet, où des milliers de fêtards se sont rassemblés autour de « DJ sets ». C’est lors d’un pogo, mouvement de danse particulièrement virulent où l’on saute de manière désordonnée, que la soirée de Clémence a viré au cauchemar. « Sur le moment, j’ai juste senti cette douleur vive et localisée, mais je n’ai pas eu le temps de voir qui m’avait fait ça, il y avait beaucoup trop de monde », raconte la jeune femme. En un instant, elle tombe à terre. Ses amis parviennent à la tirer hors de la foule et l’emmènent dans une rue plus calme. Les secours viendront la chercher. Clémence sera hospitalisée. Un produit anesthésiant lui a été injecté par un homme inconnu, que les forces de l’ordre tentent encore d’identifier.
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Des histoires similaires ont essaimé partout dans la capitale. Sur la place de la République, Camille, elle, a été piquée au poignet droit. Selon un compte rendu de garde à vue, que le JDD a pu consulter, la jeune fille n’avait consommé ni alcool ni stupéfiants ; mais elle a remarqué la présence « étrange » d’un individu qui restait autour d’elle et de son groupe. Deux mis en cause, Mathis D. et Ben Hamida C., interpellés, ont été remis en liberté, faute de preuve.
« Je ne pouvais plus respirer, j’ai cru mourir ! »
Le phénomène des piqûres sauvages s’est répandu dans l’ensemble du pays. Selon un premier bilan du ministère de l’Intérieur, 145 victimes ont été signalées aux autorités et 12 suspects ont été interpellés. La plupart des jeunes femmes victimes de ces agressions sont mineures. Si la capitale a été l’épicentre des attaques à la piqûre, avec 16 cas recensés, les petites communes n’ont pas été épargnées. À Brunoy, dans l’Essonne, trois jeunes mineures ont déposé plainte après avoir été piquées à leur insu. L’une d’entre elles témoigne auprès du JDD. « Je ne sentais plus mes jambes, mon corps tout entier était complètement engourdi », explique l’adolescente de 15 ans, encore sous le choc. « Je n’arrivais plus à respirer correctement, ma poitrine me provoquait des douleurs atroces. J’ai pensé que j’allais mourir ! ».
D’après une source policière, deux suspects, l’un « de type nord-africain » et l’autre de « type caucasien », auraient été poursuivis par un témoin, sans succès. Les trois victimes ont été entendues par la police.
Selon plusieurs rapports médicaux consultés par le JDD, la nature des produits injectés aux victimes est difficile à identifier, par manque de rapidité. « Il faut faire un prélèvement sanguin dans les deux heures suivant la piqûre, sinon les analyses sont biaisées », précise un urgentiste parisien. D’après nos informations, au moins un rapport toxicologique, effectué dans la nuit de samedi à dimanche, témoigne d’une injection sauvage de GHB, une drogue de synthèse connue sous le nom de « drogue du violeur », causant à celui qui en consomme d’importantes somnolences.
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Plus d’une centaine d’enquêtes ont été ouvertes par les différents services de police judiciaire français. Normandie, Île-de-France, Côte d’Azur… l’ensemble du territoire est concerné par ce phénomène, vieux de quelques années à peine, et déjà cause d’angoisses chez d’innombrables jeunes femmes.
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