Une éternité. Juin 2009. Cette année-là, à Riga, la France assomme la Russie (57-53) et décroche le titre continental avec dans ses rangs une meneuse de poche d’un mètre soixante-cinq déjà étourdissante, Céline Dumerc. Seize ans plus tard, l’ex-capitaine emblématique des « Braqueuses » médaillée olympique à Londres en 2012 est passée de l’autre côté. À 42 ans, elle est désormais manager générale d’une équipe de France d’ores et déjà qualifiée pour les quarts de finale, mardi au Pirée.
« J’ai quitté les parquets il y a deux ans à peine et je m’aperçois que le terrain ne me manque pas, explique-t-elle. La transition s’est faite en douceur et j’apprends un nouveau métier avec beaucoup d’humilité. J’aime me dire que je suis le trait d’union entre la fédération et le staff, avec l’ambition de mettre les joueuses dans les meilleures conditions pour performer et décrocher ce titre continental. »
Une ambition qui pourrait être contrariée par des absences de poids. La meneuse Marine Fauthoux s’est gravement blessée à un genou lors d’une rencontre de préparation face à la Belgique début juin, et les deux meilleures marqueuses du dernier tournoi olympique, Gabby Williams et Marine Johannès, sont contraintes de renoncer faute d’un accord entre la Fédération internationale et la WNBA, le prestigieux championnat nord-américain qui s’achève en octobre.
« Dire que ça n’impacte pas ce groupe serait mentir », ajoute Céline Dumerc, passablement agacée par l’incapacité des instances à aligner les calendriers et à assouplir le règlement pour libérer les internationales (1). Conséquence, seules six des douze vice-championnes 2024 sont dans la sélection, et l’entraîneur Jean-Aimé Toupane a dû méchamment s’adapter ces dernières semaines pour envoyer le meilleur groupe possible en Grèce.
« Il va falloir se surpasser et imposer notre identité de jeu défensive. Les filles peuvent le faire »
« On oblige les joueuses à faire des choix et je trouve ça triste, ajoute la dirigeante. On se prive des meilleurs éléments. Et tant que les instances ne prendront pas en compte les considérations de l’Europe, on sera dépassées. » La mèche est toujours rebelle, le regard et le verbe percutants. Également directrice sportive de son club de cœur, Basket-Landes, la Tarbaise continue d’honorer son surnom, « Caps’ », clin d’œil à son talent pour « dégommer » les capsules de bière lorsqu’elle était adolescente. « Il va falloir se surpasser et imposer notre identité de jeu défensive. Les filles peuvent le faire. »
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Le stade de l’Olympiakos, volcan du basketball masculin, s’est également embrasé jeudi soir pour les filles : près de 9 000 spectateurs pour voir les Bleues surclasser les locales (92-56), record d’affluence au XXIe siècle. Mais l’engouement est encore balbutiant. Lors de l’édition précédente de l’Euro, en 2023 en Slovénie, l’affluence moyenne tournait autour de 600 personnes à peine.
« Le sport féminin avance trop lentement à mon goût. J’ai été surprise du manque de retombées après la performance colossale aux Jeux. Avec le 3×3, on décroche trois médailles d’argent sur quatre possibles, et ça n’a pas eu la résonance espérée. Dans un collectif, il faut plus de temps pour faire briller des individualités et attirer les médias et les sponsors. On va continuer à travailler et à gagner ! » Avec pareille guide, le message passe forcément mieux.
*Toute absence de plus de 21 jours au cours d’une même saison empêche de valider une année d’ancienneté en WNBA et donc une revalorisation financière.
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