De Joseph Kosinski, avec Brad Pitt, Javier Bardem. 2h35.
Après Rush (2013), de Ron Howard, et Le Mans 66 (2019), de James Mangold, voici qu’un nouveau film hollywoodien débarque en trombe au cinéma. Au top de sa forme à 61 ans, Brad Pitt incarne un pilote de Formule 1 qui sort de sa retraite pour aider un ami, propriétaire d’une écurie au bord de la faillite, et sauver une équipe qui n’arrive pas à gagner une course.
On est impressionné par la performance de l’acteur américain, qui a suivi un entraînement intense au côté de Lewis Hamilton, star de la discipline, à la fois producteur et consultant sur le tournage. Pour un résultat qui décoiffe. S. B.
Amélie et la métaphysique des tubes
De Liane-Cho Han et Mailys Vallade. 1h17.
Plus que jamais, l’animation française se porte à merveille. Comme en témoigne cette magnifique adaptation au cinéma du livre éponyme d’Amélie Nothomb, qui retrace la petite enfance au Japon de la romancière belge, de la naissance à l’âge de 3 ans. Le premier long métrage de Liane-Cho Han et Mailys Vallade raconte l’éveil à la vie de la fillette, et sa relation privilégiée avec sa nourrice. Un récit d’apprentissage plein de sensibilité, de candeur et de douceur, d’une puissance émotionnelle rarement égalée. S. B.
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Le Mystère Cléopâtre
imarabe.org. Jusqu’au 11 janvier.
Le public des musées raffole des expositions mettant à l’honneur l’Égypte antique. Quelle joie de découvrir que Cléopâtre a inspiré une rétrospective avec la grandeur due à son rang à l’Institut du monde arabe. Car si sa popularité ne fait aucun doute, sa vie (née en 69 et morte en 30 avant J.-C.) demeure une énigme, au regard des sources historiques souvent contradictoires. Le parcours riche de 250 œuvres dresse le portrait de la dernière souveraine des Ptolémées, alliée de Jules César et de Marc Antoine, incarnée au cinéma par l’iconique Elizabeth Taylor dans le péplum éponyme de Joseph L. Mankiewicz en 1963. Immanquable ! S. B.
Les Survivants
De Tony Ayres. Avec Damien Garvey et Robyn Malcolm. Six épisodes de 50 minutes. Disponible sur Netflix.
Dans une petite ville balnéaire de Tasmanie, la mort mystérieuse d’une femme réveille un vieux traumatisme enfoui. Lorsque, quinze ans plus tôt, plusieurs jeunes périssaient en mer au cours d’une tempête épouvantable… Les circonstances décrites à l’époque vont-elles être remises en question ? Voilà tout le sel de cette mini-série addictive, adaptée du best-seller éponyme de Jane Harper. Plus qu’un thriller, un drame profond qui explore les méandres de l’âme humaine face au deuil. Marquant ! Florian Anselme
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La poésie orchestrale
« Poèmes pulvérisés », Léonie Pernet, InFiné/CryBaby.
Ce sont un retour à ses racines nigériennes et la découverte de René Char qui lancent Léonie Pernet dans la composition de cet album, porté par sa recherche intérieure et des arrangements d’une richesse infinie. Au poète résistant qui écrivait « J’ai pris ma tête comme on saisit une motte de sel et je l’ai littéralement pulvérisée », elle répond : « Je suis un souvenir que l’aube affame/Je navigue et je vogue au gré des drames. » Car, au-delà de l’introspection d’une grande compositrice électro-orchestrale marquée par Malik Djoudi, Fishbach ou son amie Clara Ysé, cet opus est un chant d’espérance, aérien et habité. Georges Grange
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La PJ enquête sur la BD
La Légende des disparus, Johanna Dijkstra, Pierrick Guillaume, Mazarine, 332 pages, 21,90 euros.
La belle Carmen Ricci mettra-t-elle la main sur cet assassin qui semble tant apprécier la bande dessinée, au point de laisser une planche pour signer ses forfaits ? Cette nouvelle enquête de Carmen Ricci, La Légende des disparus, confirme tout le talent narratif de Johanna Dijkstra : entre enquête, résurgences amoureuses et manipulations professionnelles, le livre balade le lecteur avec brio, servi par une écriture fluide, visuelle. Un roman haletant, pour ceux qui auront apprécié le premier tome ou se délecteront de celui-ci : Carmen Ricci s’installe dans le paysage du polar français. G. G.
Remy de Gourmont, une fête de l’intelligence
Les Pas sur le sable, Remy de Gourmont, La Coopérative, 224 pages, 20 euros.
Remy de Gourmont (1858-1915) fut le plus brillant des esprits, Borges ou Ezra Pound le vénéraient. Plus d’un siècle après la disparition de l’auteur, paraît enfin l’intégralité de ses Fragments – un éblouissement, une fête de l’intelligence.
Nombre de ses aphorismes le situent dans la lignée des grands moralistes français (« Rien n’amollit la dureté des cœurs chastes comme la certitude du secret »), tandis que Cioran dut faire son miel de telle fulgurance : « Il faut avoir beaucoup de génie pour ne pas sombrer dans la popularité. » Placées sous le signe de « la dissociation d’idées », soit une inflexible volonté de penser par soi-même, ces 848 fusées spirituelles donnent matière à méditer une vie entière : « En somme, l’intelligence ne sert à rien dans la vie, qu’à critiquer la vie. » Éric Naulleau
La robe prise au mot
Les mystères de l’éloquence, Les secrets de l’art oratoire de l’Antiquité à nos jours, Grégory Lévy, Gilles-Jean Portejoie, éd. du Rocher, 217 pages, 19,90 euros.
Pour sonder les mystères de l’éloquence, qui de mieux que Grégory Lévy et Gilles-Jean Portejoie, deux ténors du barreau ayant enfilé la robe dans les procès de Charlie Hebdo, du Bataclan ou de Jonathan Daval ? Dans un style fluide, érudit et riche d’anecdotes, ils rendent hommage à l’art oratoire, de la Grèce antique aux prétoires contemporains. Portraits d’orateurs mythiques, confidences, réflexions et plaidoiries s’entrelacent pour dévoiler les coulisses d’une passion à pleine voix. Un essai qui éclaire l’éloquence comme force de conviction, au-delà du temps et du verbe. G. G.
Le Grand Nord
Ce pays n’est pas pour les faibles, Julien Gravelle, Stock, 200 pages, 19,50 euros.
C’est au Canada, ce pays qui ne ressemble à aucun autre. C’est une masure construite des mains de l’homme, au cœur même de la forêt. Ici, la nature est envoûtante, écrasante, elle dicte sa loi, elle façonne les gens. Les Malençon sont des trappeurs aux secrets bien enfouis. Quatre générations traversent cet ouvrage dense et épuré, quatre générations qui se succèdent dans la cabane hurlante. Ici, la fuite n’est pas de mise, on ose faire face aux plaines boréales, aux hivers impassibles mais pas à la vérité crue. Portrait d’une génération fracassée par un auteur à la sensibilité rare. Stéphanie des Horts
La Suède n’est plus sûre
Les Ténèbres de Mörkret, Camilla Grebe, Calmann Lévy Noir, 411 pages, 22,90 euros.
Camilla Grebe, Grand Prix des lectrices Elle pour sa précédente Énigme de la Stuga, nous refait frissonner. À Storforsa, dans les forêts de Suède, nous suivons Myra, 13 ans, enquêtrice en herbe décidée à retrouver sa sœur Ella, disparue un an plus tôt. Quel lien établir avec le cadavre d’une adolescente qu’on vient de retrouver ? L’inspectrice Pirjo et le policier Manfred, déjà connus des lecteurs de Grebe, mènent l’enquête. Ambiance oppressante, récit choral et personnages profonds : une intrigue sombre et bien ficelée au dénouement inattendu. Captivant. G. G.
L’inspecteur Simenon sur les cimes du polar
La Chambre bleue, Georges Simenon. Le Livre de Poche, 185 pages, 7, 90 euros.
Paru il y a soixante ans, ce livre, écrit en deux mois, contient la magie littéraire du maître belge qui excellait pour nous plonger, en peu de mots, au cœur de l’atmosphère où il faisait évoluer ses personnages. Dans La Chambre bleue, il situe une idylle entre des amants qui lui permet d’analyser au microscope quatre protagonistes d’un drame qu’il autopsie comme un médecin légiste.
Du grand Simenon, souvent imité mais jamais égalé, tant il donne une dimension universelle au moindre fait divers qu’il sublime avec son art de la narration, d’une simplicité foudroyante. Bernard Morlino
Voyage spirituel
Les Hauts Lieux de la chrétienté, Defendente Génolini et Gilles Bexon, Via Romana, 164 pages, 16 euros.
La chapelle Sixtine, où tout a commencé pour Léon XIV. La basilique Sainte-Marie-Majeure, où repose désormais son prédécesseur. Et, bien sûr, Saint-Pierre de Rome, élevée sur le tombeau du « prince des apôtres ». Ces majestueux édifices figurent en bonne place dans le beau livre de Defendente Génolini et Gilles Bexon, préfacé par le cardinal Bustillo. Le premier est l’auteur méticuleux de vies de saints publiées dans France Catholique, où le second publie de superbes aquarelles.
L’association de leurs talents a donné naissance à ce recueil rassemblant 75 hauts lieux de la chrétienté : chaque dessin est accompagné d’un texte sur l’histoire de l’église, du monastère ou du sanctuaire représenté, et d’une courte prière. De Bethléem à Rome, de Domrémy à Notre-Dame de Paris, un voyage spirituel qui touche les cœurs et élève l’âme en comblant le regard. Aymeric Pourbaix
Chronique tropézienne
Les déjeuners de la Hune, Dominique Schneidre, Le Geste d’Or, 220 pages, 19 euros.
Quand Signac débarque à Saint-Tropez en mai 1892, invité par son ami le peintre Henri-Edmond Cross, c’est en barrant un voilier ! Tombé amoureux de la lumière, il loue un modeste cabanon où il passe l’hiver puis achète une maison grâce à l’argent de sa mère, une respectable bourgeoise. Signac bâtit un atelier et des chambres d’amis. Les copains se pressent bientôt, artistes, marchands et collectionneurs. Voici Matisse, Bonnard puis Maurice Denis et Cézanne… C’est une époque bénie que raconte Dominique Schneidre, le Saint-Tropez des peintres et des artistes qui venaient déjeuner à la Hune, chez Signac. Il reste la peinture. S. D. H.
Une folie architecturale
La Villa, Brigitte Benkemoun, Stock, 204 pages, 19,50 euros.
Quand on hérite d’une maison à la mort de ses parents, on se sent plus ou moins redevable, on essaie de garder l’endroit… si l’on peut. Mais quand on hérite d’une folie architecturale, tout droit sortie d’un ouvrage de science-fiction ou de l’esprit d’un génie qui se prenait tour à tour pour Le Corbusier et Barbapapa, la question est autre. Brigitte Benkemoun dresse ici le magnifique portrait de ses parents dont le destin était peut-être de survivre à leur condition de mortels. C’est un vaisseau de béton, c’est une époque révolue, une histoire de transmission, c’est tout simplement une nouvelle aventure pour un formidable écrivain. S. D. H.
LE MOT RARE
Chattemite : hypocrite prenant des manières doucereuses pour tromper ou séduire
Ils sont nombreux, ceux qui font la chattemite : ils nous font les yeux doux pour mieux nous jouer de mauvais tours. C’est au-delà de la main de fer dans un gant de velours, il y a une fourberie qui fait penser aux sournoiseries… d’un chat ! Et pour cause, une « mite » désignait une chatte dans le parler populaire du XVe siècle, un mot qui vient probablement d’une déformation de « miaou » : une chattemite trompe donc en minaudant comme un minou, nous faisant croire qu’on est félins pour l’autre. G. G.
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