
Boualem Sansal ne bénéficiera pas d’une grâce présidentielle. En ce 5 juillet, jour de l’Indépendance où le gouvernement algérien a pour tradition de gracier des détenus chaque année, le président algérien Abdelmadjid Tebboune a décidé de ne pas l’accorder à l’écrivain franco-algérien de 80 ans. Alors que plus de 6 000 prisonniers ont été libérés, les personnes condamnées pour « atteinte à l’unité nationale », comme Boualem Sansal, n’en feraient pas partie.
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La nouvelle a choqué de nombreuses personnalités, à commencer par le comité de soutien à Boualem Sansal, qui s’est dit « atterré d’apprendre que notre compatriote ne bénéficie pas de la grâce du président » et juge que le pouvoir algérien « porte une atteinte manifeste aux droits de l’homme ». « Je n’ai plus beaucoup d’espoir », a déploré l’écrivain franco-algérien Kamel Bencheikh, membre du comité de soutien.
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Les politiques ont également été nombreux à réagir au choix d’Alger. « Le président algérien Tebboune a planté le dernier clou dans le cercueil de la relation avec la France », a écrit Marion Maréchal sur son compte X. Pour l’eurodéputée, « cette décision est un affront à la liberté d’expression », mais aussi « à la culture francophone » et « à la France, qui avait officiellement demandé un geste humanitaire ». Et de dénoncer la « passivité de nos autorités » : « Une fois de plus, la diplomatie française s’est agenouillée, quémandant la pitié, sans oser hausser le ton face à un régime autoritaire qui méprise nos valeurs et nos appels. »
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De son côté, François-Xavier Bellamy a rappelé que « 6 797 condamnés » avaient été graciés, déplorant que Boualem Sansal n’en fasse pas partie. « Quelle doit être la faiblesse d’un régime pour qu’une simple parole critique vaille à un écrivain âgé et malade d’être enfermé comme une menace insurmontable ? » s’interroge l’eurodéputé LR. Avant d’appeler la France à « être enfin forte pour défendre celui qui est plus que jamais l’un des siens ».
De son côté, Éric Ciotti a demandé à « suspendre tous les visas pour l’Algérie, à couper toute l’aide au développement et à abroger immédiatement les accords d’Alger ». « La lâcheté du gouvernement n’aura servi à rien. L’humiliation est infinie. Boualem Sansal est condamné et reste dans les geôles de l’État voyou algérien ! Cette dictature ne comprend que le rapport de force », a écrit le député des Alpes-Maritimes et patron de l’UDR. Un élu de Nouvelle-Calédonie, Nicolas Metzdorf, s’est même montré plus offensif et direct : « Qu’on aille le chercher. »
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