Le JDD. Combien de gendarmes sont mobilisés ?
Frédéric Beretti. Le Tour est une grosse machine. Entre 90 et 93 % du parcours est tracé en zone gendarmerie. On fait en sorte que tout se passe bien, qu’il n’y ait pas de trou dans la raquette, et on assure à la fois la sécurité des coureurs et du public. C’est l’équivalent d’un Stade de France qui se déplace tous les jours à ciel ouvert. Sur les trois semaines que dure l’épreuve, environ 13 000 gendarmes sont mobilisés [contre plus de 15 000 policiers cette année, NDLR]. On a un dispositif permanent d’à peu près 300 personnels, qui accompagnent l’épreuve du début à la fin. Nos « anges bleus » de la Garde républicaine sécurisent le parcours sur leurs motos.
« Sur le Tour, chaque jour est différent du précédent »
Craignez-vous certaines étapes plus que d’autres ?
Il y a des étapes qu’on croit faciles mais qui réservent leur lot d’imprévus. Et puis il y a des étapes où on se dit : « Là, ça va être compliqué. » Et finalement, tout se déroule sans encombre. Sur le Tour, chaque jour est différent du précédent. On est, en effet, un peu comme les coureurs. On ne sait jamais vraiment à quoi s’attendre.
Comment gérez-vous ceux qui arrivent en voiture ?
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Les axes routiers sont fermés une heure avant le passage de la caravane publicitaire [qui passe deux heures avant le peloton, NDLR]. Pour la montagne, c’est différent. Il n’y a qu’un accès. On ne peut pas laisser les gens s’engouffrer et ensuite risquer de ne plus pouvoir les gérer. On ferme donc l’accès aux cols la veille.
Quelle est la principale crainte sécuritaire ?
Le principal enjeu, c’est celui de la sécurité routière, avec le public qui vient en masse le long des routes. Dès que les spectateurs voient la caravane, ils essayent de ramasser les goodies. Et quand le peloton arrive, certains spectateurs se penchent pour prendre des selfies, ce qui est dangereux. Mais il faut aussi prévoir tout le reste. Rien ne doit être pris à la légère. Ça part du spectre bas de la menace qu’on rencontre au quotidien : les incivilités, les altercations. Et tout en haut du spectre, il y a la menace des attentats.
Mardi, à Rouen, un individu échappé de l’asile s’en est pris à vos collègues CRS avant d’être maîtrisé. Avez-vous pu renforcer les effectifs ?
On est paré à toutes les éventualités. Tout est dans la préparation, qui débute dès la présentation du parcours au mois d’octobre. On prend contact avec les services de renseignements pour calibrer le dispositif sur les trois semaines et le faire évoluer si besoin. Il faut être réactif. On a des réunions de sécurité quotidiennes qui permettent de réarticuler le dispositif. En l’occurrence, on l’a réarticulé à la marge.
Depuis plusieurs années, les gendarmes d’élite du GIGN sont aussi présents…
Oui, discrètement.
Moins discrète est la présence de véhicules aux couleurs de la gendarmerie dans la caravane. Et cela dure depuis trente ans…
Effectivement, on a douze personnels dans la caravane pour faire la promotion de la gendarmerie et susciter des vocations. On a envie que les jeunes s’engagent au sein de la gendarmerie et vivent une formidable aventure !
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