
Les images de Jasper Philipsen, maillot vert déchiré, dos en sang, épaule en vrac, ont fait le tour des télévisions et des réseaux sociaux. Le Belge (Alpecin-Deceuninck) s’est dans la foulée fait opérer de la clavicule droite, brisée en trois morceaux. Bryan Coquard (Cofidis), involontairement à l’origine de l’accident (après avoir perdu le contrôle de son vélo lors du sprint intermédiaire lundi), en avait les larmes aux yeux. Lui-même s’est retrouvé à terre dans le final de cette troisième étape à Dunkerque. « J’ai mal un peu partout et des abrasions », lâcha-t-il, perclus de douleurs. Autre exemple : le « rookie » Émilien Jeannière (TotalEnergies) est rentré chez lui dès mercredi avec un bout de dent cassée et une omoplate fracturée.
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Que des coureurs tombent, lorsqu’ils sont lancés à plus de 70 km/heure, dans un sprint massif avec en ligne de mire la victoire, peut se comprendre. Toutes les « grosses cuisses » sont un jour passées par la case hôpital. Et cela ne date pas d’hier. La mâchoire en sang de Laurent Jalabert à Armentières en 1994 est demeurée dans les mémoires. En revanche, que les athlètes se retrouvent le nez dans le bitume ou le vélo dans le fossé, sur une ligne droite loin de l’arrivée, peut d’avantage surprendre.
Mais entre les directeurs sportifs qui leur hurlent dans l’oreillette de se porter en tête de peloton (où la place n’est pas extensible), entre les moments d’inattention (les yeux rivés sur le capteur de puissance fixé au guidon), les freinages brutaux (que permettent les freins à disque), la fatigue, la nervosité, etc., les raisons de chuter sont variées. Les aménagements routiers qui se multiplient (ronds-points, dos d’âne ou avancées de trottoirs) rendent aussi les parcours de plus en plus chaotiques, sans même parler des gestes parfois inconsidérés des spectateurs.
Actuellement, une réflexion est en cours pour limiter la vitesse, toujours plus rapide. L’Union cycliste internationale testera ainsi, en fin de saison, une limitation des braquets. Le peloton ne semble par contre pas prêt à porter des protections supplémentaires, comme les airbags en MotoGP ou en ski alpin.
Sans aller jusque-là, peut-être que les fabricants de textiles pourraient privilégier des maillots et des cuissards moins performants mais plus épais et plus résistants. En attendant, d’ici les Champs-Élysées dans deux semaines, d’autres chutes surviendront avec leur lot de polémiques. The show must go on !
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