
C’était l’un des scénarios envisagés : une échappée de costauds qui prend le large et joue la gagne dans le Massif central, sur un tracé conçu façon toboggan, avec sept ascensions de deuxième catégorie — un nombre record sur une étape du Tour. Jusqu’à vingt-neuf coureurs composent l’échappée, dont huit tricolores. Un jour de fête nationale, c’est toujours mieux d’être devant, surtout avec un public aussi nombreux le long des 165 kilomètres du parcours entre la petite commune d’Ennezat, près de Clermont-Ferrand, et la station thermale du Mont-Dore, sur les flancs du Puy de Sancy.
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Lenny Martinez, que le JDD avait interviewé avant le départ de la Grande Boucle, passe en tête les côtes de Loubeyrat (km 11,8), de la Baraque (km 54,5), de Charade (km 66,6), de Berzet (km 78,4), et enfin le col de Guéry (km 115,4). Ce qui lui assure mathématiquement le maillot à pois, que son grand-père Mariano ramena à Paris en 1978. Contrairement au patriarche, vainqueur un 14 juillet (en 1980), le jeune Lenny, 22 ans tout juste, ne parvient pas à accrocher une victoire d’étape ni à succéder à Warren Barguil, le dernier Français à l’avoir fait en 2017.
À peine arrivé, le coureur de l’équipe enregistrée au Bahreïn témoigne : « J’ai vite senti que ce serait trop juste pour batailler pour l’étape, les autres étaient trop forts. Je ne voulais pas repartir sans rien, alors je me suis concentré sur les sprints dans les ascensions pour récolter des points. Bien sûr, ça fait bizarre de porter ce maillot à pois que mon grand-père a gagné. Il doit être fier de moi. »
Les tricolores n’ont pas pu jouer la gagne
Aucun des tricolores présents dans l’échappée ne tient le rythme imposé par les plus solides de leurs adversaires, notamment lorsque l’Australien Ben O’Connor ou l’Irlandais Ben Healy accélèrent. Ce dernier, déjà vainqueur de la 6e étape à Vire Normandie, ne peut à son tour rien faire quand le Britannique Simon Yates, lauréat en mai du Giro, appuie sur les pédales dans l’ultime ascension, celle du Puy de Sancy. Le coéquipier de luxe de Jonas Vingegaard chez Visma-Lease a Bike lève les bras pour la troisième fois sur les routes du Tour, après un doublé en 2019.
Quant à Healy, 11e du classement général le matin (à près de 4 minutes de Tadej Pogacar), il s’empare de la tunique de leader avec désormais 29’’ d’avance sur le glouton de Komenda. « La victoire d’étape [jeudi dernier] était un rêve. Le maillot jaune est un bonus, mais ne vous méprenez pas, je le trouve très beau et je suis très content de l’avoir. » Mauro Gianetti, manager d’UAE — la formation du leader déchu — concède : « Ce n’était pas à nous de défendre le maillot à tout prix. Si on peut le garder, c’est une bonne chose, mais il faut penser à long terme. »
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Pogacar garde à distance ses principaux rivaux
En clair : après l’avoir déjà lâché une première fois (à l’issue de la 6e étape), le tenant du titre l’a laissé filer pour (a priori) mieux le reprendre. Car le plus important pour lui, c’est que ses principaux rivaux restent derrière : une minute de retard pour Remco Evenepoel (le Belge a même laissé quelques secondes supplémentaires) et 1’17’’pour Vingegaard. Dans le final, Visma-Lease a Bike a accéléré sans grand succès. Pogacar a lui aussi tenté une attaque, sans pouvoir décramponner le Danois, lauréat des Tours 2022 et 2023.
Je n’ai rien à regretter, c’est un très bon début de Tour
Kévin Vauquelin
Celui qui a perdu du temps et sa place sur le podium, c’est Kévin Vauquelin. Le Normand n’est plus que sixième du classement provisoire : « Je n’ai rien à regretter, c’est un très bon début de Tour », raconte-t-il avant de monter dans le bus d’Arkéa-B&B Hôtels. Interrogé sur sa stratégie — reprendre sa liberté pour viser une étape, comme l’an dernier à Bologne, ou rester accroché au classement général — Kévin Vauquelin répond du tac au tac : « J’ai envie d’être à la journée de repos, et après, on verra. » Une journée de repos que le peloton passera ce mardi à Toulouse, avant une reprise en douceur (relative) mercredi sur les routes de Haute-Garonne, puis le retour des choses sérieuses à partir de jeudi, avec le massif pyrénéen.
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