
En 2016, dernière année de mandat de François Hollande, la France s’était hissée au premier rang des pays « exportateurs » de millionnaires. Cette année-là 12 000 d’entre eux quittaient le pays, soit 20 % de plus que l’année précédente. Le président socialiste qui n’aimait pas les riches et avait alourdi leur charge fiscale était ainsi payé en retour. Dès son élection, Emmanuel Macron a fait en sorte de stopper l’hémorragie et même de les faire revenir en supprimant l’ISF et en instaurant la flat tax.
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De fait depuis huit ans, le nombre de millionnaires français a sensiblement augmenté. François Bayrou prendra-t-il le risque de les faire fuir à nouveau ? Après avoir acheté la non-censure des socialistes pour le budget 2025 en instaurant une contribution dite « exceptionnelle » pour les contribuables ayant un revenu supérieur à 250 000 euros – 500 000 euros pour un couple –, le Premier ministre envisagerait de prolonger le dispositif en s’inspirant de la taxe Zucman. L’économiste propose d’instaurer un impôt de 2 % sur les détenteurs d’un patrimoine dépassant les 100 millions d’euros. François Bayrou pourrait l’adapter, en sortant l’appareil productif du dispositif, comme vient de le suggérer le Sénat. Une mesure spectaculaire dont le Premier ministre pense qu’elle lui assurera, une nouvelle fois, la mansuétude des socialistes.
Pourtant en février dernier, la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin s’était violemment opposée à la mise en œuvre de la taxe Zucman à l’Assemblée nationale, estimant que « la première conséquence serait que 2 000 fortunes quitteraient aussitôt la France ». De fait, c’est toute la philosophie de la politique de l’offre et de l’attractivité de la France déployée par Emmanuel Macron qui, dans l’esprit, serait remise en cause. Un renoncement susceptible de fragiliser le socle commun, les députés Ensemble pour la République étant les plus attachés à la continuation de la politique menée depuis 2017. « Créer un impôt sur la fortune bis, c’est tirer une balle dans le pied de notre compétitivité, tonne un député macroniste. Nous avons besoin d’investisseurs ancrés, pas d’un signal d’instabilité permanent. »
L’instauration d’une forme de taxe Zucman pourrait refroidir les investisseurs étrangers
Au-delà des contribuables directement concernés, l’instauration d’une forme de taxe Zucman pourrait refroidir les investisseurs étrangers qu’Emmanuel Macron avait, jusqu’ici, réussi à rassurer. À l’Élysée, on se garde bien de tout commentaire officiel, mais le président, dès qu’il en a l’occasion, insiste sur la nécessité « de ne pas toucher à la politique de l’offre qui a fait ses preuves ». Non seulement le président s’est évertué à ne pas augmenter les impôts, mais il a toujours estimé que ce type de taxes ne rapportait jamais le rendement espéré, du fait de la liquidité des actifs visés. Secrétaire général adjoint de l’Élysée au début du mandat de François Hollande, il fut de ceux qui participèrent à torpiller la fameuse taxe à 75 % décrétée par le candidat qui n’aimait pas les riches, lors de la campagne électorale de 2012.
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