
« En l’état, il est impossible pour le RN de ne pas censurer le gouvernement de François Bayrou », prévient Marine Le Pen dans une interview au Parisien. La cheffe de file des députés RN l’assure : « Si François Bayrou ne revoit pas sa copie, nous le censurerons ». Pour elle, le plan d’économies présenté mardi est « inadmissible pour les Français » et n’a quasiment aucune chance d’être amendé en profondeur : « Il faudrait qu’il inverse totalement les grandes masses qu’il a annoncées. J’y crois peu. »
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Ce plan prévoit notamment une suppression de deux jours fériés (comme le 8-Mai et le lundi de Pâques), une « année blanche » (gel des augmentations) sur les dépenses sociales et les pensions de retraite, ainsi qu’un effort sur la santé et la fonction publique. Des mesures qualifiées de « purge fiscale et sociale » par Marine Le Pen, qui dénonce « près de 20 milliards d’euros d’impôts et de privations » pesant directement sur les Français.
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En outre, la suppression de deux jours fériés est vue par le RN comme une provocation. « Aucun député RN n’acceptera cette mesure, qui relève de la provocation », a lancé mardi 15 juillet le président du parti, Jordan Bardella, qui y voit « une attaque directe contre notre Histoire, contre nos racines, et contre la France du travail ». Laure Lavalette, porte-parole du RN, a elle aussi promis : « Stop au carnage. En avant la censure ».
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« Rapporter plusieurs milliards d’euros »
François Bayrou justifie cette mesure en particulier par la nécessité de « rapporter plusieurs milliards d’euros » pour réduire le déficit public, attendu à 4,6 % du PIB en 2026. Mais pour Marine Le Pen, le gouvernement a « franchi toutes les lignes rouges » en actant une hausse d’impôts pour les Français.
Le RN reproche également au Premier ministre d’ignorer, selon lui, « le coût de l’immigration », qu’il juge pourtant central pour réduire la dépense publique. Jean-Philippe Tanguy, président délégué du groupe à l’Assemblée, estime qu’« exclure les immigrés qui n’ont pas cotisé » permettrait d’économiser « 15 milliards d’euros ». Marine Le Pen a aussi pointé sur X l’incohérence entre ces sacrifices imposés aux Français et le maintien de la contribution de la France à l’UE, alors même que « les Français ont massivement voté pour geler cette dépense » aux européennes.
Face au risque de provoquer une dissolution, d’autant plus sensible que Marine Le Pen est aujourd’hui condamnée à l’inéligibilité (une décision dont elle a fait appel), le RN reste ferme. « Le sort de Marine Le Pen n’empêchera pas de censurer François Bayrou », assure Sébastien Chenu, vice-président du parti sur France Info. Et la proposition du Premier ministre de référendum sur la proportionnelle ne suffira pas : « La proportionnelle, c’est évidemment nécessaire, mais ça ne remplit pas les frigos des Français », tranche Renaud Labaye, secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée.
À moins d’un revirement spectaculaire du gouvernement, Marine Le Pen annonce clairement la couleur : la rentrée parlementaire sera marquée par une motion de censure. « J’ose espérer que l’été portera conseil », glisse-t-elle encore.
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