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Fêtes nocturnes de Grignan : Jean-Philippe Daguerre à ciel ouvert pour 30 000 spectateurs



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17 Juil 2025
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Fêtes nocturnes de Grignan : Jean-Philippe Daguerre à ciel ouvert pour 30 000 spectateurs
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La scène est une arène. Sommes-nous à Séville ? Raccords de corrida, sous le soleil brûlant de la Drôme provençale. « Il faut que l’or arrive une seconde plus tôt dans sa main ! » Jean-Philippe Daguerre corrige une intonation, affine une intention : « Peut-on revoir l’entrée ? » Le metteur en scène est arrivé la voix éraillée, la mine bronzée mais un peu tirée. Il faut plus qu’une longue route et des nuits trop courtes pour altérer sa passion et sa fierté d’être au château de Grignan, « un endroit exceptionnel, chez Madame de Sévigné… C’était un rêve pour moi ! »

Des champs de lavande mènent au pied du majestueux édifice néo-Renaissance qui règne sur le village, sur un promontoire qui paraît toiser le Ventoux à l’horizon… L’immense terrasse est appelée le « toit de Dieu », car elle surplombe la collégiale – il fallut une bulle papale pour l’autoriser. Le château appartenait à la fille de Madame de Sévigné : laissé en ruines par la Révolution, il s’en est relevé il y a un peu plus d’un siècle, grâce à Marie Fontaine qui mit toute sa fortune au service de la renaissance du monument, qui appartient aujourd’hui au département. Chaque été, les Fêtes nocturnes enchâssent au château un classique. Jean-Philippe Daguerre en a beaucoup à son actif, Le Cid, Cyrano de Bergerac, neuf pièces de Molière… Il a aussi reçu neuf Molières, mais pour les pièces qu’il a écrites.

Après quatre statuettes pour Adieu Monsieur Haffmann en 2018, il a été reçu cinq sur cinq cette année : cinq nominations pour un grand chelem avec Du charbon dans les veines, sa dernière création qui affiche complet au Off d’Avignon et reprendra à la rentrée au théâtre du Palais-Royal. Saluons au passage, sans fausse modestie, la clairvoyance du JDNews qui avait misé sur lui en avril dernier, pour un portrait croisé avec Charlotte Matzneff, qui partage depuis vingt ans sa vie et sa compagnie. Cet été, Charlotte est accaparée de son côté par Le Chant des lions, sa nouvelle mise en scène, mais ils passeront avec « Jean-Phi » une semaine en famille à Grignan en août, au son des cigales pour un pèlerinage sentimental : c’est là qu’ils avaient passé leurs premières vacances ensemble…

Du sens et du son

Avoir été choisi pour la 38e  édition des Fêtes nocturnes et ses 44 soirées pour plus de 30 000 spectateurs dans l’été, est une consécration supplémentaire en cette « année Daguerre ». Pourquoi Le Barbier de Séville ? Une envie de changer, les 250 ans de la pièce cette année, et une affection pour cette œuvre « qui a traversé le temps, son actualité, sa musique extraordinaire… C’est un texte magnifique, qui évoque cette maladie universelle qu’est la jalousie ». Avec un défi supplémentaire, « le théâtre en extérieur… Sur cette grande scène circulaire, on met en scène différemment. C’est un exploit et le spectateur le sent. On met en valeur le château en l’utilisant pleinement, il y a cette matière organique, sonore aussi… Je dis toujours que le théâtre, c’est du sens et du son ! »

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Et sous la houlette du fidèle Petr Ruzicka, au violon et à la direction musicale, Rossini s’entrelace avec des influences espagnoles, de l’accordéon, du cajon… « Il y a un brin d’anachronisme mais dans l’ensemble, c’est quand même d’époque. Tout comme les costumes ! J’aime qu’ils participent à la rêverie, que le spectateur ait l’impression qu’on a ressuscité les gens… » Le metteur en scène goûte à cette imbrication patrimoniale : « À Grignan, on fait visiter aussi le grand théâtre français… C’est le surnaturel dans la beauté du cadre… et la fierté française, il faut le dire ! » lance le metteur en scène qui a le cœur à gauche et assume « un côté cocardier : je suis fier de l’histoire de France, même avec ses défauts… Nous avons un patrimoine extraordinaire ! J’ai travaillé des grands auteurs étrangers comme comédien, mais pas encore comme metteur en scène. »

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Lumières d’été et couleurs projetées subliment la façade et la scène, sur laquelle les costumes noirs de la vieille Espagne austère affrontent les couleurs chatoyantes des héros du renouveau… Les passes s’enchaînent sans fausse note jusqu’à l’estocade : le barbier de Séville, le rusé Figaro, parviendra bien entendu à ses fins, arrachant Rosine aux griffes du vieux Bartholo.

Néophytes ou habitués, des spectateurs conquis

Confidence de Jean-Philippe, comme une didascalie : « Ici, je retrouve ce qui me guide depuis le début : parler à tous les spectateurs, des passionnés érudits à ceux qui ne vont jamais au théâtre… J’aime ce théâtre “hors les murs” et ce public populaire ! » Ce dernier, local ou de passage, sort conquis. On tend l’oreille, des ados sont encore étourdis ; après un temps d’adaptation à la langue, « on s’y fait rapidement, grâce à la beauté de la mise en scène et aux acteurs excellents ! »

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Nathalie, aficionada du Off d’Avignon et fidèle de Grignan, y a emmené Aline et Christine, enchantées par cette « très belle découverte de Beaumarchais ». Au Café Provence, où la soirée s’étire en plein air, les spectateurs peuvent féliciter les acteurs, et avant de reprendre la longue route du retour, Anne sirote un café : venue de Grenoble avec ses nombreux enfants, dont Charles qui a noté la fidélité à la pièce étudiée au lycée, elle est ravie de cette équipée montée avec des amis. Les comédiens sont à une table voisine : à l’exception d’Hervé Haine, complice de longue date, ils se sont pour la plupart découverts, réunis par Daguerre. Pascal Vannson, formidable Figaro leste et pétulant, est heureux d’avoir enfin réalisé cette vieille envie de travailler ensemble…

François Raffenaud, qui valse avec un bonheur égal du théâtre public au privé, détaille le bonheur de ciseler son rôle avec son metteur en scène : son fin Bartholo ne devait pas être détestable, mais aussi susciter l’empathie… Délicieuse Rosine, Marion Bosgiraud trinque avec le bondissant Don Bazile (Tullio Cipriano) et le fougueux comte Almaviva (Jean-Baptiste Artigas). Il fait bon : Jean-Philippe l’intranquille est entouré de ses comédiens, pour un instant posé. Dans la lumière tamisée où flotte la joie simple d’une soirée d’été accomplie, on aurait juré voir dans ses yeux une lueur de fierté.

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