
Notre pays ne souffre pas d’un trop-plein de jours fériés. Il souffre d’un affaissement du goût de l’effort, d’une crise de la valeur travail, et d’un malentendu culturel : celui qui oppose le progrès au mérite, le loisir à la construction de soi, l’argent facile au fruit du labeur.
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Supprimer des jours fériés : un symbole dangereux
Supprimer le 8 mai ou la Toussaint, ce n’est pas anodin. C’est heurter notre histoire nationale, nos racines chrétiennes et républicaines, nos moments de recueillement et d’unité. Ces jours sont plus que des pauses. Ce sont des repères symboliques dans une société en quête de sens.
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La mesure, en apparence simple, est en réalité inefficace et injuste. D’un point de vue économique, elle ne représente qu’un gain marginal : 0,2 à 0,4 % de PIB, soit 4 à 5 milliards d’euros par an. Et encore : tous les jours fériés ne sont pas chômés. Certains secteurs les travaillent déjà avec majoration.
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Et la France n’est pas un cas isolé :
- Espagne : 14 jours
- Suède : 13
- Italie : 12
- France : 11
- Belgique : 10
- Pays-Bas : 8
L’obsession du jour férié est un leurre. Ce qu’il faut repenser, c’est notre rapport au travail.
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La vraie réforme : revenir à la semaine de 40 heures
Je propose une mesure plus ambitieuse, plus égalitaire, plus utile : rétablir la semaine de 40 heures, payées 40 heures. C’est un choix de vérité, là où la loi Aubry a figé un compromis bancal. Les 35 heures ont désorganisé l’économie : elles ont rigidifié les entreprises, favorisées le temps partiel subi, affaibli la compétitivité industrielle et appauvri le lien entre effort et rémunération.
Réhabiliter le travail, c’est réconcilier le mérite et la réussite
Revenir à 40 heures, c’est : rémunérer justement l’effort, augmenter le pouvoir d’achat de millions de foyers, libérer +14 % de capacité de production par salarié, et générer près de 100 milliards d’euros de richesse supplémentaire par an. Ce sont aussi des recettes fiscales nouvelles sans augmentation d’impôt : cotisations, TVA, impôt sur le revenu.
Moderniser sans brutaliser : liberté et flexibilité
Cette proposition n’est pas un retour en arrière. Elle s’inscrit dans une vision moderne du travail. La société a changé. Les rythmes de vie aussi. Dans de nombreux métiers, tous les salariés ne souhaitent pas prendre leur repos le samedi et le dimanche. Donnons-leur la liberté de choisir leurs jours de repos. Ce modèle souple permettrait à l’économie de fonctionner en continu, sans sacrifier la vie personnelle, ni briser l’équilibre familial. Ce n’est pas travailler plus pour s’épuiser, mais travailler mieux pour se redresser. Avec du sens. Avec de la reconnaissance. Avec un projet commun. Réhabiliter le travail, restaurer l’honneur de l’effort. Mais il faut aller plus loin.
Ce débat n’est pas seulement économique. Il est moral. Il est culturel. Nous avons laissé s’installer une société où le succès est confondu avec la visibilité, l’effort avec la naïveté, le travail avec l’ennui. Une société qui valorise les influenceurs, les fortunes éclairs, les loisirs sans fin. Il faut refuser cette illusion dangereuse de l’argent facile. Le travail, c’est plus que le revenu. C’est ce qui structure l’individu, fonde l’autonomie, construit le lien social. C’est ce qui fait qu’une nation tient debout.
Réhabiliter le travail, c’est réconcilier le mérite et la réussite, redonner de la dignité à ceux qui se lèvent tôt, revaloriser les savoir-faire manuels et techniques, faire comprendre aux jeunes générations que rien de grand ne se bâtit sans effort.
Un choix fondateur, un engagement de société
Ce que je propose n’est pas une rustine budgétaire. C’est un projet de société. Un pacte républicain refondé autour de trois mots trop oubliés : effort, responsabilité, équité. Oui, il faudra du courage politique. Oui, certains intérêts protesteront. Mais si la France veut renouer avec sa grandeur, elle doit cesser de flatter la facilité. Elle doit assumer une voie exigeante, mais féconde. En tant qu’entrepreneur, élu, père, citoyen, je le dis avec conviction : le travail est la première richesse d’un peuple. Osons le remettre au centre. Osons les 40 heures.
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