Stéphane Bern : «Thierry Ardisson s’offusquait qu’on ne prenne pas au sérieux ses convictions royalistes» – France Alerte
France Alerte

  • Accueil
No Result
View All Result
France Alerte

No Result
View All Result
Home Auto


PUBLICITÉ

Stéphane Bern : «Thierry Ardisson s’offusquait qu’on ne prenne pas au sérieux ses convictions royalistes»



PUBLICITÉ


by
17 Juil 2025
in Auto
0

Stéphane Bern : «Thierry Ardisson s’offusquait qu’on ne prenne pas au sérieux ses convictions royalistes»
PUBLICITÉ



Le JDD. Dans son dernier ouvrage L’Homme en Noir, publié en mai dernier, Thierry Ardisson voulait que l’on se souvienne de lui comme d’un homme « qui avait des idées ». Il en est une qui, comme vous, ne l’a jamais quitté : le royalisme. De quelle monarchie se réclamait Thierry Ardisson ? De la monarchie légitimiste, catholique et conservatrice ou de la monarchie orléaniste, bourgeoise et libérale ?

Stéphane Bern. Thierry Ardisson n’était pas pour une monarchie absolue ; il était davantage séduit par l’idée d’une monarchie constitutionnelle, à l’exemple de la monarchie britannique. Il était aussi très lié au prince Louis de Bourbon, direct héritier de la lignée capétienne. Il lui a même consacré un livre, où il le nomme selon son titre royal : « Louis XX ». Il m’est arrivé une fois de dîner avec Thierry Ardisson, au Meurice, en compagnie du prince héritier. Ardisson et lui étaient très proches. Louis de Bourbon est le parrain de sa fille, Ninon, qu’il a eue avec Béatrice (Loustalan).

À lire aussi
Louis de Bourbon : La cérémonie d’ouverture des JO, un spectacle dénaturé !

Avez-vous eu l’occasion d’échanger avec lui à propos de la monarchie ?

Oui, bien sûr. Nous en parlions souvent. Je crois qu’il m’aimait bien. Il aimait l’idée que, pendant des années, j’ai été l’ambassadeur de la monarchie à la télévision française. Il m’invitait dans toutes ses émissions. Il aimait beaucoup m’interroger sur Diana, sur la princesse de Galles, sur les têtes couronnées européennes. Mais voyez-vous, les gens se moquaient un peu de lui et de son attachement à la royauté. À l’époque, comme aujourd’hui encore, on trouvait ça poussiéreux, un tantinet désuet. C’était chez lui une conviction très sincère et il s’offusquait souvent des remarques qu’on pouvait lui faire à ce propos. « Mais non, c’est très sérieux ! », rétorquait-il.

À lire aussi
Mort de Thierry Ardisson, figure emblématique de la télévision française

Pensez-vous qu’il s’agissait chez lui d’une véritable conviction politique ? Cela ne relevait-il pas plutôt d’une certaine nostalgie, empreinte d’idéaux et de romantisme, comme beaucoup le prétendent ?

La suite après cette publicité

Bien sûr, l’idée monarchique se prête au romanesque et est propre à l’épopée. Mais je pense qu’il y croyait vraiment. Peut-être aussi parce qu’il était né un 6 janvier, jour de l’Épiphanie, où l’on couronne les rois… Le sort a voulu qu’il meure un 14 juillet, jour de l’anniversaire de la fête de la Fédération. Quelle ironie de l’histoire…

Au-delà de ce joli hasard, à travers tous ses livres, tout au long de sa vie, Ardisson a su témoigner de son attachement à la monarchie française. Il redéfendait encore l’idée monarchique dans son dernier livre, L’Homme en Noir. Toutefois, attention : ce n’était pas non plus un militant royaliste. Vous savez, on peut aimer ce que représente la monarchie sans pour autant souhaiter son retour ! C’était son cas. Elle était chez lui une source d’inspiration, un conte historique fait de beauté et de grandeur.

« On peut aimer la monarchie sans pour autant souhaiter son retour »

Qu’aimait tant Thierry Ardisson dans l’idée monarchique ?

Il aimait, justement, l’idée de la grandeur et de la beauté françaises. Cela pouvait être Henri IV, le roi réconciliateur ; François Ier, le roi de la Renaissance ou Louis XIV, le roi de la flamboyance. Mais ce qu’il aimait par-dessus tout, c’était la grandeur, du moins, une certaine idée de la grandeur de la France.

Il était également très attaché aux valeurs intemporelles de la France et à la défense de son patrimoine. Vous savez, si j’avais dû calculer le nombre de fois où il m’appelait pour avoir mon soutien dès qu’il s’agissait de restaurer un bout du patrimoine français ! « Stéphane, il faut absolument que tu fasses quelque chose pour la rue de Rivoli », me disait-il, très sérieux. Il m’encourageait beaucoup sur ces questions. C’était pour lui important. Car le patrimoine, c’était pour lui la France.

« Ce qu’il aimait par-dessus tout, c’était la grandeur »

Ce qui lui plaisait aussi, au-delà de son amour pour l’histoire de France, c’était l’idée que l’unité de la nation reposait sur une incarnation, une figure surplombant les clivages partisans et les intérêts particuliers. Pour en rire, il expliquait souvent que sur un terrain de foot, il y a besoin d’un arbitre, d’un homme en noir. Pour lui, le roi était un repère bénéfique pour la res publica, au sens noble du terme. J’ai tenté de lui expliquer que république et monarchie n’étaient, au fond, pas si antinomiques. Pour moi, la démocratie et la monarchie sont les deux faces d’une même médaille. Il n’en était pas convaincu.

À lire aussi
Ni César, ni Louis XIV, ni Bonaparte

Beaucoup estiment que la France va mal, qu’elle est en déroute. Il y a chez de nombreux jeunes, une perte de sens, ce à quoi s’ajoute une absence d’idéal. Il n’y a plus de transcendance, dirait Régis Debray. Pourquoi la France a-t-elle autant de mal à transmettre son héritage monarchique ?

La scission entre l’Ancien Régime et la Révolution est souvent perçue comme une déchirure totale, radicale. Les gens oublient pourtant qu’il y a eu au XIXe siècle la Restauration puis la Charte. L’idée monarchique a toujours présidé au fil des siècles depuis 1789. On peut d’ailleurs affirmer que nous vivons dans une république monarchique, au regard de la prééminence des pouvoirs dévolus au président de la République. Je regrette cependant que nous n’en ayons pas gardé l’essence. Nous avons d’une certaine manière préservé le pouvoir du roi, mais nous avons aussi perdu l’essence de ce pouvoir, si ce n’est son sens. C’était un sujet de discussion que nous abordions souvent, Thierry Ardisson et moi. L’unité de la nation est davantage défendue par la monarchie. Bien plus que lorsqu’un président clivant ou qui ne fait pas l’unanimité gouverne tout un peuple.

« L’unité de la nation est davantage défendue par la monarchie »

Ce que je constate, c’est que dans une monarchie, le peuple est attaché à son histoire, à ses souverains. Partout en Europe, là où la monarchie a été sauvegardée, il y a une ferveur fidèle et contagieuse, un enthousiasme sincère qui se dégage des foules. Je peux vous dire, pour avoir accompagné le président de la République et son épouse lors de leur récente visite en Angleterre, qu’il n’a jamais connu une aussi grande acclamation que lorsqu’il déambulait en calèche, dans les rues de Windsor au côté du roi Charles III.

À lire aussi
Kate Middleton : révélations sur une princesse au destin façonné

Qu’aimeriez-vous lui dire, à présent ?

Que la devise de Louis XIV lui convenait parfaitement. « Nec pluribus impar » : « À nul autre pareil ». Oui, Thierry Ardisson était unique. Et comme Louis XIV, il portait en lui, à sa façon, ce côté révolutionnaire et provocateur.

Source : Lire Plus

Article précédent

Maine-et-Loire : La fillette de 11 ans portée disparue a été retrouvée morte noyée

Article suivant

Iran : la famille du jeune randonneur franco-allemand arrêté par Téhéran réclame «un signe de vie»

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Post
Iran : la famille du jeune randonneur franco-allemand arrêté par Téhéran réclame «un signe de vie»

Iran : la famille du jeune randonneur franco-allemand arrêté par Téhéran réclame «un signe de vie»

Related Posts

Rennes : Une femme décède dans l’incendie de son appartement, son fils gravement brûlé
Auto

Rennes : Une femme décède dans l’incendie de son appartement, son fils gravement brûlé

26 Nov 2025
Discours de Philippe de Villiers, Harmonie Comyn ovationnée… Ce qu’il faut retenir de la soirée «Face à vous» au Dôme de Paris
Auto

Discours de Philippe de Villiers, Harmonie Comyn ovationnée… Ce qu’il faut retenir de la soirée «Face à vous» au Dôme de Paris

26 Nov 2025
Terrorisme : le christianisme reste la cible privilégiée des djihadistes, souligne une note de la DGSI
Auto

Terrorisme : le christianisme reste la cible privilégiée des djihadistes, souligne une note de la DGSI

26 Nov 2025
Islamisme : les chrétiens sont devenus une cible privilégiée, alerte la DGSI
Auto

Islamisme : les chrétiens sont devenus une cible privilégiée, alerte la DGSI

26 Nov 2025
Auto

Seine-Saint-Denis : La mère du narco qui est sorti en permission interpellée le même jour

26 Nov 2025
Menaces de mort et de viols, surveillance… Des dealers font fuir des travailleurs sociaux à Marseille
Auto

Menaces de mort et de viols, surveillance… Des dealers font fuir des travailleurs sociaux à Marseille

26 Nov 2025



Urgence France

©2020 France Alerte

Aller plus loin

  • Contact
  • Mentions légales
Paramètres de Gestion de la Confidentialité

Suivez-nous

No Result
View All Result
  • Accueil

©2020 France Alerte

Login to your account below

Forgotten Password?

Fill the forms bellow to register

All fields are required. Log In

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In

Vous avez choisi de refuser le consentement des cookies. Ce site totalement gratuit depuis sa création et a pour vocation de le rester. En nous empêchant de diffuser de la publicité ciblée, vous ne permettez plus au site de vivre.

Nous vous proposons donc de revoir votre choix et d'accepter les cookies en cliquant ici afin de reprendre une navigation adaptée.

Merci à vous