
Les 35 heures sont-elles un vestige à balayer ? La porte-parole du gouvernement, Sophie Primas, a jeté un pavé dans la mare ce jeudi soir sur LCI, en se disant « à titre personnel » favorable à la suppression de la durée légale hebdomadaire du travail instaurée en 2000. « Comme membre de LR, oui, clairement, je partage son point de vue », a-t-elle affirmé, en réaction aux propos du député Renaissance Mathieu Lefèvre, qui plaidait le matin même sur TF1 pour « mettre fin aux 35 heures dans ce pays ».
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Selon lui, les entreprises doivent pouvoir « s’organiser, en lien évidemment avec leurs salariés », et aller au-delà du seuil légal si les conditions le permettent. Une logique que reprend Sophie Primas : « S’il y a des entreprises qui ont besoin de plus de 35 heures et que leurs salariés sont d’accord, faisons-le », a-t-elle proposé avant de rappeler qu’ « il faut avoir ce dialogue avec l’ensemble des partis politiques du socle commun, mais élargi, naturellement, pour obtenir une majorité. »
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Selon la porte-parole du gouvernement, les 35 heures sont aujourd’hui un « boulet ». « C’est parti sur un dogme qu’en travaillant moins, on allait créer plus d’emplois. Ça a fait exactement le contraire », a-t-elle déploré. Si la remise en cause des 35 heures revient régulièrement dans le débat public, aucun gouvernement n’a, jusqu’ici, franchi le pas d’une suppression pure et simple. Depuis leur instauration en 1998 sous le gouvernement Jospin, elles ont fait l’objet de critiques constantes, y compris au sein de la gauche.
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À droite, Nicolas Sarkozy avait contourné le dispositif en défiscalisant les heures supplémentaires via la loi TEPA dès 2007, sans modifier la durée légale elle-même. En 2011, Manuel Valls propose de « déverrouiller » les 35 heures, provoquant une levée de boucliers dans son camp. Devant la presse, le président du groupe PS à l’Assemblée nationale d’alors, Jean-Marc Ayrault s’insurge : « Nous sommes à 99 % pour le maintien de la durée légale du travail à 35 heures ». Quelques mois plus tard, ce dernier, devenu Premier ministre, semble avoir changé d’avis… Et lâche une petite phrase dans Le Parisien qui fait grand bruit. Les 35 heures ne sont pas un « sujet tabou », estime-t-il avant de rétropédaler dès le lendemain. « La durée légale du travail est de 35 h et elle ne changera jamais tant que la gauche sera au pouvoir », promet-il.
Avant son arrivée à l’Élysée, Emmanuel Macron critiquait vivement les 35 heures, les jugeant « trop rigides » et contraires à l’émancipation par le travail. Ministre de l’Économie, il saluait les accords permettant de travailler plus sans gagner plus, et voyait dans la négociation d’entreprise un levier pour dépasser ce seuil symbolique. Une fois élu, il a mis de l’eau dans son vin, préférant contourner la norme par des assouplissements successifs. Plus récemment, Gérald Darmanin a suggéré d’y mettre fin. François Bayrou, qui doit trouver 43,8 milliards d’économies, osera-t-il s’attaquer à ce totem ?
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