
Les clandestins aux profils teintés de terrorisme sont en haut de la pile des expulsions. Déchu de sa nationalité française l’année dernière, Badr Eddine Akroud, 53 ans, a été remis vendredi aux autorités marocaines. Cet ancien binational avait été placé en centre de rétention administrative pendant 210 jours – ce qui est possible en matière de terrorisme –, avant d’être assigné à résidence dans les Hauts-de-Seine où il devait pointer au commissariat à raison de quatre fois par jour.
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Selon les informations du JDD, cet ancien radiophysicien exerçant à Yzeure (Allier), adhérant à l’idéologie djihadiste, avait été condamné à cinq ans de prison en juillet 2021 par le tribunal judiciaire de Paris pour association de malfaiteurs en vue de préparer un acte terroriste. Il était soupçonné d’avoir tenu des discours antifrançais et antipoliciers, ainsi que de se livrer à des entraînements nocturnes pour « frapper » et se préparer à rejoindre une terre de djihad, au Mali ou en Mauritanie. Outre la découverte sur son téléphone de vidéos de décapitation et de propagande de l’État islamique et d’Al-Qaïda, les enquêteurs ont mis la main lors des perquisitions à son domicile sur un pistolet automatique de calibre 6,35 mm approvisionné ainsi que sur plusieurs couteaux. Ce qui a mené la DGSI à envisager un passage à l’acte violent sur le territoire national.
La relation bilatérale entre la France et le Maroc semble être au beau fixe depuis le voyage d’État à l’automne dernier
Le Maroc, le « bon élève » de la région
Cette dangerosité a conduit la Place Beauvau à considérer Badr Eddine Akroud comme une cible prioritaire. Le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, a lui-même échangé à ce sujet avec son homologue marocain. De son côté, le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, a accéléré le dossier administratif. Un passeport a finalement été délivré par les autorités marocaines, ce qui a permis de débloquer la situation, rapporte une source proche du dossier.
La relation bilatérale entre la France et le Maroc semble être au beau fixe depuis le voyage d’État à l’automne dernier. « Les éloignements vers ce pays ont doublé depuis le début de l’année », rapporte une source gouvernementale. Face à l’Algérie, dont les relations diplomatiques sont exécrables, le Maroc tient à être le « bon élève » de la région.
Le préfet à la manœuvre
La semaine dernière, c’est un Tunisien poursuivi pour terrorisme qui a été renvoyé vers son pays. Mohamed Fahem avait quitté en 2016 la Syrie, en raison de désaccords avec Daech qu’il considérait comme… « trop laxiste ». En 2023, il a été condamné par le tribunal correctionnel de Paris pour association de malfaiteurs terroriste à la peine de six ans d’emprisonnement. Le 10 juillet dernier, un laissez-passer consulaire était alors accordé et, dès le lendemain, Fahem était extrait de la prison de Nanterre et embarqué dans un vol, direction Tunis. Une fois encore, « sous l’impulsion » du préfet Brugère, très actif en matière d’expulsion des étrangers condamnés pour terrorisme : depuis le 1er janvier dernier, les éloignements des Hauts-de-Seine ont augmenté de 56 % par rapport à la même période l’an dernier.
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