
Il est annoncé un effort budgétaire de… 43,8 milliards d’euros, soit à peine 2,6 % d’une dépense publique atteignant 1 670 milliards d’euros. Or, si nous voulons juste stabiliser le ratio dette/PIB, ce sont 120 milliards d’économies qui s’imposent. L’effort envisagé est loin de la cure d’austérité. D’autant que si un déficit de 170 milliards d’euros vient s’ajouter chaque année à une dette déjà intenable de 3 400 milliards, ce seront 170 milliards d’économies qu’il faudra un jour trouver. Nous en sommes loin. Le gouvernement avoue, de surcroît, que l’augmentation des dépenses sera seulement freinée et ramenée de 60 à 30 milliards en 2026. La dépense publique ralentit, mais augmente toujours.
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Trop modeste, le plan promet 3 000 suppressions de postes de fonctionnaires pour 2026, soit 0,05 % de la masse de la fonction publique. Pourquoi attendre 2027 pour ne remplacer qu’un fonctionnaire sur trois partant à la retraite, alors qu’il y a urgence ? Le gel des prestations, l’allocation unique, la lutte contre la fraude sociale ou les arrêts de travail intempestifs, restent bien modestes face à l’ampleur de la tâche. Résultat : l’insignifiante baisse de la dépense provoque une fois de plus la hausse de la fiscalité. L’absence de revalorisation des barèmes d’impôt sur le revenu et de CSG-CRDS s’ajoute à la contribution sur les plus hauts revenus (alors qu’il en existe déjà deux), à une diminution de l’abattement de 10 % sur les pensions de retraite ou encore à la lutte contre « l’optimisation abusive des patrimoines improductifs » qui risque d’attenter à la propriété.
Que les parlementaires sortent du réflexe pavlovien consistant à défendre coûte que coûte leur électorat
Personne n’est épargné. Dans ce contexte on peut se demander si les annonces choc de la suppression de deux jours fériés ou du doublement de la franchise médicale, n’ont pas pour vocation, en focalisant l’attention des opposants, de faciliter le passage des autres mesures, quitte à abandonner ensuite les premières pour faire accepter les secondes. En attendant, rien sur les causes réelles du déficit : aucune mesure pour généraliser la retraite par capitalisation ou contre les régimes spéciaux de la fonction publique, aucune attaque contre le coûteux mille-feuille administratif, rien sur le coût exorbitant du logement, de l’assistanat, des prestations sociales non contributives, dont celles offertes aux étrangers. Rien non plus pour mettre fin à l’absentéisme dans les collectivités locales. Pas non plus de règle d’or qui imposerait au Parlement de voter un budget à l’équilibre.
Les plans « Stop à la dette » et « En avant la production » témoignent d’une tentative louable de rétablissement des comptes publics, mais à petits pas. Espérons que les parlementaires se les approprient pour aller plus loin. Qu’ils sortent du réflexe pavlovien consistant à défendre coûte que coûte leur électorat. Sinon, la prochaine réforme ne s’inscrira plus dans une certaine douceur mais bien dans la douleur certaine.
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