
Des cartes vitales falsifiées, des commerces éphémères qui se jouent de l’Urssaf, l’argent de la drogue blanchi par des barbiers ou des montages fiscaux dans des pays exotiques… La France fait face à une explosion de la délinquance financière. Le blanchiment d’argent sale, selon le compte rendu d’une commission d’enquête sénatoriale, représenterait à lui seul près de 60 milliards d’euros qui se volatilisent chaque année.
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L’État n’est pas efficace face à cette triche en bande organisée
La fraude sociale ? 13 milliards d’euros par an, a minima, selon le Haut Conseil du financement de la protection sociale. Face à cette triche en bande organisée, l’État manque d’efficacité. « Il n’existe pas, à l’heure actuelle, de stratégie cohérente pour lutter face à ce fléau », assure la sénatrice Nathalie Goulet, rapporteur d’une commission d’enquête sénatoriale sur la délinquance financière. Dans le viseur des sénateurs, la croissance tous azimuts du blanchiment, « trafic le plus lucratif aujourd’hui en France », auquel les parlementaires veulent s’attaquer grâce à un projet de loi programmé à la rentrée, sur la base de leurs travaux. Un texte qui pourrait accueillir les propositions promises par le Premier ministre pour « lutter contre toutes les fraudes ».
La tâche s’annonce compliquée. Procédures à rallonge, obligations de confidentialité, adaptation des moyens de l’État aux différents types de fraude : prestations (allocations sociales, RSA, assurance maladie…), cotisations (travail dissimulé, fausses domiciliations d’entreprises…) ; le chantier, ambitieux, est souvent annoncé, sans toujours obtenir les résultats espérés.
Quant à l’évasion fiscale, estimée à 20 milliards d’euros en 2024, sa dimension internationale et l’habileté des experts financiers à contourner les nouvelles réglementations, rend la bataille inégale. L’État, malgré les moyens qu’il déploie, a souvent un temps de retard. Rendez-vous est pris, à l’automne, pour la mise en œuvre d’un nouvel arsenal législatif.
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