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Pays basque : la profanation d’une église par une activiste féministe suscite l’indignation



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23 Juil 2025
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Pays basque : la profanation d’une église par une activiste féministe suscite l’indignation
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En cette fin d’après-midi, sous un soleil de plomb, au milieu des champs de la Basse-Navarre, la commune d’Arbérats-Sillègue se réveille. Ce village de 328 âmes s’apprête à retrouver son église, l’église Saint-Laurent. Neuf jours. Neuf jours que les paroissiens en sont privés. L’édifice, construit au XVIIe siècle, a fermé ses portes le dimanche 29 juin. Une date qui reste marquée dans l’esprit d’Anne-Marie.

« Je suis outrée ! Outrée ! lâche cette fluette dame de 75 ans à voix basse. Faire ça dans une église, sur l’autel… C’est lamentable, c’est ignoble. Vous savez, j’ai été baptisée ici. Je me suis mariée ici. Et je veux que mes funérailles soient ici. Je me suis sentie moi-même attaquée. » Anne-Marie, comme les près de 150 fidèles rassemblés, est encore sonnée par l’image de cette « artiste » espagnole, Ane Lindane, debout sur l’autel, criant : « Hil da jainkoa », « Dieu est mort » (en basque), sous les applaudissements de son public.

Cette « humoriste » s’est empressée de diffuser la vidéo sur ses réseaux sociaux  

Cette « humoriste », qui s’est empressée de diffuser la vidéo sur ses réseaux sociaux, était programmée par l’Euskal Herria Zuzenean, un festival musical militant à gauche, voire à l’extrême gauche, se disant porté par « le féminisme, l’anticapitalisme, l’écologie, la liberté sexuelle, la justice sociale, l’internationalisme, la diversité culturelle, ainsi que la lutte contre toutes les formes d’exclusion ».

Fidèles heurtés

Des « valeurs » qui font rire jaune les paroissiens. Toutes générations confondues. « Ces gens nous parle de respect ? Mais ça, c’est quoi ? » interroge Pierre, la trentaine. La colère est froide, contenue, mais puissante. « Depuis que j’ai appris ce qui s’est passé, je le sens dans mon corps. C’est une sensation étrange. Ça me prend aux tripes, j’ai mal aux entrailles », relate Isabelle.

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L’abbé Ttotte Ardohain, responsable du secteur et curé de Saint-Palais, la commune voisine, apparaît lui aussi marqué par cette douleur. Il se présente sur le parvis afin de débuter cette « cérémonie de réparation ». La première de sa vie. « Cette église, son autel, certains objets de culte ont été salis par des paroles et des gestes obscènes et antireligieux. Ce scandale nous heurte », décrit-il devant la foule. Et le religieux est d’autant plus touché qu’il s’en veut.

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« Il y a quelques mois, la mairie [divers gauche, sans étiquette, proche des socialistes, des écologistes et des indépendantistes basques, NDLR] nous avait demandé si elle pouvait mettre l’église à disposition de ce festival. On a manqué de vigilance. Nous avons fait un peu trop confiance », regrette-il, amer. Mais il ne se fera pas avoir une deuxième fois. « Nous sommes souvent sollicités pour prêter nos églises à divers événements culturels. Ce scandale nous fait prendre conscience qu’elles doivent d’abord conserver leur sacralité et leur vocation : être la maison commune des chrétiens, pour louer Dieu et prier le Christ présent au tabernacle », retient l’abbé Ardohain, avant de lancer le chant d’entrée.

L’église, un repère puissant

Un à un, en procession, les fidèles sont alors autorisés à entrer de nouveau dans cette petite église, rapidement remplie. À l’intérieur, le vicaire épiscopal Jean-Paul Martinon asperge l’édifice d’eau bénite. Ce représentant de monseigneur Marc Aillet, l’évêque de Bayonne, Lescar et Oloron, prend soin de pointer le goupillon vers chaque mur, et insiste particulièrement sur l’autel et le crucifix posé dessus. Une manière de nettoyer ce qui a été souillé. Le prêtre se justifie quelques minutes plus tard dans son homélie.

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« L’église est comme la fontaine au milieu du village. En Pays basque, l’église demeure, en effet, encore un symbole et un repère fort. Elle est au milieu de la campagne comme un phare, explique-t-il. Ici, à Arbérats, sa vocation originelle a été salie à travers des paroles et des gestes blasphématoires. Ce qui s’est passé ici est un sacrilège. Oui, il s’agit bien d’une action volontaire et délibérée de porter atteinte à la foi des chrétiens, en visant le caractère sacré de cette église, et particulièrement son autel qui est le lieu le plus saint. Un sacrilège commis ne doit jamais être banalisé. »

« Dieu n’est pas mort en Pays basque ! »

Les mines sont graves et le silence religieux. « Au-delà de l’indignation et du réveil des consciences, insiste le père Jean-Paul Martinon, nous sommes venus prier. Prier pour que la miséricorde de Dieu s’étende à nous tous. Prier aussi pour ces personnes qui ont commis ces actes ou qui les ont encouragés par leurs applaudissements. Jésus, au sommet de la Croix, disait de ses bourreaux : “Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font”. Une messe de réparation sert précisément à cela : à mettre en lumière le mal commis, sans chercher à le cacher, pour mieux le chasser, pour mieux l’expulser, par notre présence et par notre prière. » Une prière qui, aux yeux du prêtre, peut s’appuyer sur la force d’âme du Pays basque.

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« À l’heure où un sacrilège était commis ici, le dimanche 29 juin, on fêtait, dans bien des endroits de notre région, l’octave de la Fête-Dieu, avec ses processions, sa musique et ses danses. La foi qui irrigue les traditions de notre pays est encore bien réelle, bien vivante. Non, Dieu n’est pas mort en Pays basque ! » lance le vicaire épiscopal, non pas avec lyrisme mais avec conviction.

Une conclusion de sermon sous forme de réponse directe aux mots prononcés par l’activiste espagnole. « Page 83 de vos carnets, nous allons terminer par un bel Angélus », indique dans un grand sourire l’animatrice de chants. Un Angélus, à l’unisson et en basque évidemment. Isabelle, elle, fixe l’autel. La paroissienne « n’a plus mal ». « Je sors de cette cérémonie renouvelée », confie-t-elle. 

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