
Le Portugal a franchi le pas. Mardi, à Lisbonne, le ministre portugais des Affaires étrangères, Paulo Rangel, a exprimé son appui au plan d’autonomie présenté par le Maroc pour le Sahara occidental. Une solution qu’il a qualifiée de « base la plus sérieuse, crédible et constructive » pour mettre fin à ce conflit territorial qui dure depuis près de cinquante ans. « Toute solution devra néanmoins se faire sous l’égide des Nations unies », a-t-il souligné, tout en saluant l’engagement du Maroc à soutenir cette approche.
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Ce ralliement marque une nouvelle victoire diplomatique pour Rabat. Après le Royaume-Uni, qui avait estimé en juin que ce plan représentait « la base la plus crédible, viable et pragmatique pour un règlement durable » et la France, qui a réaffirmé son soutien en avril dernier, le Portugal devient ainsi le plus récent pays européen à rejoindre ce front favorable à la souveraineté marocaine sur ce territoire. Pour Paris et Londres, ce rapprochement avec Rabat s’explique aussi par des enjeux stratégiques : sécurisation du Sahel, flux migratoires et coopération économique renforcée.
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Un conflit enlisé depuis des décennies
Le Sahara occidental, ancienne colonie espagnole jusqu’en 1975, est aujourd’hui contrôlé en grande partie par le Maroc, mais reste reconnu par les Nations unies comme un territoire non autonome. Depuis un demi-siècle, Rabat y affronte les indépendantistes du Front Polisario, soutenus par l’Algérie. En 1991, un cessez-le-feu prévoyait un référendum d’autodétermination qui ne s’est jamais concrétisé. Cet équilibre fragile a volé en éclats en novembre 2020, après l’intervention de l’armée marocaine pour rouvrir une route stratégique bloquée par des militants sahraouis.
« Consolider la coopération entre les deux pays »
La suite après cette publicitéLa suite après cette publicitéCes derniers mois, la liste des pays soutenant la souveraineté marocaine sur ce territoire stratégique s’est allongée. Outre Londres et Paris, les États-Unis, l’Espagne ou encore l’Allemagne appuient le plan d’autonomie proposé par Rabat. À Lisbonne, Nasser Bourita, chef de la diplomatie marocaine, s’est d’ailleurs félicité de voir « la position du Portugal consolider encore davantage la coopération entre les deux pays ».Ce soutien grandissant provoque toutefois la colère d’Alger, qui accuse ces capitales occidentales de compromettre le processus onusien et d’ignorer les aspirations des Sahraouis. La presse algérienne avait par exemple accusé Emmanuel Macron de provoquer « une profonde crise » entre la France et l’Algérie à l’été 2024. Depuis, les relations entre Paris et Alger n’ont cessé de se détériorer.Pour tenter de relancer les discussions, l’émissaire de l’ONU pour le Sahara occidental, Staffan de Mistura, qui a récemment multiplié les navettes diplomatiques entre Rabat, Alger et Nouakchott, a invité toutes les parties à « profiter de ce nouvel élan diplomatique » et à reprendre les négociations avant le 50ᵉ anniversaire du début du conflit, en novembre prochain.
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