
Depuis que le Premier ministre a présenté les grandes orientations du budget 2026, la contestation sociale s’intensifie – et elle ne vient plus seulement des syndicats ou des partis de gauche. Depuis plusieurs jours, un collectif né sur les réseaux sociaux appelle les Français à la mobilisation générale à la rentrée. Baptisé « Mobilisation 10 septembre », ce rassemblement citoyen, qui se dit composé d’infirmiers, d’enseignants, de chômeurs, de mères de famille ou encore de jeunes précaires, prône un « arrêt total et illimité du pays à partir du 10 septembre », afin de lutter contre ce qu’ils considèrent être une politique d’austérité. Il entend, par ce projet radical, « faire comprendre [à l’exécutif français] que [les contribuables français ne sont] plus des vaches à lait », puisqu’ils sont « à sec ».
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Sur les réseaux sociaux, le mouvement invoque trois mots d’ordre : le « boycott », la « désobéissance » et la « solidarité ».
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« En finir avec la casse sociale de Macron et de Bayrou »
« Sans nous, ils ne sont rien »,clame le collectif dans son « appel national à la solidarité du peuple », publié le 19 juillet dernier sur ses réseaux.Le mouvement anti-austérité appelle à « reconstruire une société plus équitable » face au plan budgétaire annoncé, qu’il considère comme une « injustice sociale imposée » aux citoyens – bien que de nombreux commentateurs estiment, précisément, que les 43,8 milliards d’euros d’efforts budgétaires prévus par ce plan sont bien trop timides face à l’ampleur du déficit.
« Fini l’assistanat pour nos politiques », « stop à ce racket en bande organisée » scande également le mouvement, qui dit en avoir « assez des cadeaux [offerts] aux riches » alors que les Français seraient appelés à se serrer la ceinture. Autant de messages qui attestent du sentiment d’injustice traversant la population. « 3 000 suppressions de postes. Non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois. 5 milliards retirés à la santé. Doublement des franchises médicales. Suppression de deux jours fériés. Et pendant ce temps ? Pas de remise en cause des niches fiscales. Pas de taxation des grandes fortunes. Pas de réduction des privilèges d’en haut. Toujours les mêmes qui paient : Les précaires, les fonctionnaires, les mères isolées, les retraités, les jeunes », s’indigne le mouvement, qui reprend pour l’essentiel l’argumentaire d’une pétition lancée le 22 juillet dernier par la CGT, la CFDT, FO, la CFE-CGC, la CFTC, l’Unsa, la FSU et l’union syndicale Solidaires. Un appel exigeant l’abandon immédiat des mesures « injustes » et « déséquilibrées » présentées par le Premier ministre.
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Refus d’être associé à un parti politique
Or, si son discours s’apparente à des combats et préoccupations marqués à gauche, le collectif « Pour une mobilisation le 10 septembre » assure ne « représenter aucun parti ». Mais seulement exprimer l’exaspération des Français : « On est juste en colère », martèlent-ils. En outre, les leaders de ce collectif sont pour l’heure inconnus.
« Nous ne payons plus, ne consommons plus, ne travaillons plus, nous gardons nos enfants avec nous »
En pratique, le mouvement prône des méthodes d’action radicales : « Nous ne payons plus, ne consommons plus, ne travaillons plus, nous gardons nos enfants avec nous », invite le collectif sur son site internet. Des « actions pacifiques et solidaires », donc, mais pour le moins radicales.
Pour l’heure, le collectif recense quelques milliers d’abonnés sur ses réseaux. Mais son appel à la mobilisation nationale gagne du terrain auprès des internautes. Ce mouvement sera-t-il un coup d’épée dans l’eau ou une réminiscence des Gilets jaunes, dont il partage la colère et l’indépendance vis-à-vis des partis et syndicats ? Affaire à suivre… le 10 septembre prochain.
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