
Chaque mois d’août, c’est le même théâtre. Pendant que les ministres s’évaporent entre villas du sud, voyages à l’étranger et silence médiatique, Gérald Darmanin, lui, reste en scène. Feux de forêt, violences urbaines, Jeux olympiques, prisons de haute sécurité : depuis plusieurs étés, l’ancien locataire de Beauvau – désormais ministre de la Justice – transforme la trêve estivale en vitrine d’autorité et d’efficacité. Il s’accorde bien quelques jours en famille avec sa femme et ses deux jeunes garçons, mais sa méthode reste la même : être là, pendant que les autres décrochent.
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Retour vers le passé. En 2022, la Gironde brûle. Darmanin est sur le front, aux côtés des pompiers. D’autres tweetent leur soutien ; lui coordonne. L’année suivante, les émeutes embrasent le pays après la mort de Nahel à Nanterre (Hauts-de-Seine). Tandis que le gouvernement cherche ses mots et que le président théorise l’oisiveté des jeunes privés de vacances, le patron de Beauvau assume seul face aux préfets et aux caméras. En 2024, rebelote à la veille des JO : plans de sécurité, gestion des foules, drones et zones sensibles. Il sait très bien que la moindre faille lui sera imputée – comme ce fut le cas après le fiasco du Stade de France. Mais cette fois, il gagne son pari : les Jeux se déroulent sans accroc. Il quitte la place Beauvau sur une bonne note.
De l’Intérieur à la Justice, Gérald Darmanin s’est imposé comme une présence estivale incontournable
Et en 2025 ? Nouvelle fonction, mêmes réflexes. Devenu ministre de la Justice, Gérald Darmanin poursuit son été par une visite à la prison de Vendin-le-Vieil, où sont désormais incarcérés les narcotrafiquants les plus dangereux. L’occasion de marteler sa doctrine de fermeté. Depuis la place Vendôme, il peaufine également une réforme du Code pénal, avec l’instauration de peines minimales, attendue à la rentrée. Et, entre deux réunions, il prend soin d’aller saluer les agents mobilisés pendant l’été, notamment les surveillants et les magistrats. Pas de pause pour la machine judiciaire, comme il n’y en avait pas pour le premier flic de France. De l’Intérieur à la Justice, Gérald Darmanin s’est imposé comme une présence estivale incontournable. Jusqu’à devenir, été après été, le ministre… de l’été.
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