
Il faut être aveugle, ou idéologiquement anesthésié, pour ne pas voir que le stade des simples « faits divers » est depuis longtemps dépassé. Le temps de l’addition des dénis, des renoncements et des lâchetés séculaires est venu. En France, désormais, on se flingue, on se surine, on se renverse en voiture, on se massacre lors de mariages dans le Luberon. L’explosion de la violence est protéiforme : agressions en centre-ville, home-jackings traumatisants, règlements de comptes entre bandes sur fond de trafic de drogue et de contrôle de territoire, souvent teintés de haines ethniques importées. Et bien sûr, cette union sacrée de tout ce que le pays compte de racailles contre les forces de l’ordre et les représentants de l’État – pompiers, médecins, enseignants, élus.
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L’effondrement de l’autorité a laissé le champ libre à une criminalité de plus en plus organisée, de mieux en mieux équipée. Les réseaux de narcotrafiquants disposent aujourd’hui de technologies avancées (drones, cryptophones, véhicules rapides) et d’un armement de guerre. Leur main-d’œuvre est de plus en plus jeune, recrutée sur les réseaux sociaux, imprégnée d’une hyperviolence sidérante. Alors, que faire ? D’abord, nommer les choses. Les ennemis de la République – car c’est bien de cela qu’il s’agit – ne la craignent plus. La police est ouvertement défiée, agressée, filmée et ridiculisée sans qu’aucune riposte sérieuse ne vienne les dissuader. Quant à la justice, les voyous en ont pris la mesure depuis longtemps.
Violence avec arme ? Prison. Violence sur un dépositaire de l’autorité publique ? Prison
Deux urgences vitales s’imposent. D’abord, inverser le rapport de force. Police et gendarmerie doivent être soutenues sans états d’âme par les autorités politiques, administratives et judiciaires dans l’usage de la force. Le pacte républicain repose sur un principe clair : l’État détient le monopole de la violence légitime pour protéger les citoyens, qui en retour paient l’impôt qui finance cette protection. C’est donc un devoir premier de l’État de remplir sa part du contrat. Si ce rapport de force s’inverse, la délinquance reculera. Et l’on évitera, accessoirement, que des citoyens ne songent à s’organiser eux-mêmes pour assurer leur sécurité – une tentation qui monte, lentement mais sûrement. Ensuite, il faut une justice qui sanctionne réellement. Violence avec arme ? Prison. Violence sur un dépositaire de l’autorité publique ? Prison. Le délinquant doit savoir qu’il y aura une réponse ferme, rapide et contraignante.
Des mesures structurelles seront évidemment indispensables, y compris sur le plan migratoire, tant certains territoires sous emprise mafieuse ou communautaire échappent désormais à tout contrôle régalien. Mais avant tout, il faut comprendre que la France vit aujourd’hui une urgence sécuritaire absolue. Et qu’elle n’en sortira – lentement, difficilement – qu’au prix d’un vrai choc d’autorité. Un choc qu’il faudra assumer politiquement. Et qui, n’en doutons pas, sera plébiscité par un peuple aujourd’hui à bout.
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