
Dans plus de 1 000 communes de France, affiches, panneaux de signalisation, flyers et autocollants sur les boîtes aux lettres signalent que leurs habitants adhèrent au dispositif Voisins Vigilants et Solidaires. « Créé il y a une dizaine d’années, indique Frédéric Barret, l’un des responsables de la société installée à Aix-en-Provence et à Paris, Voisins Vigilants rassemble 4 millions de personnes qui ouvrent yeux et oreilles afin de signaler tout comportement anormal dans leur quartier. » Tout « fait inhabituel » est rapporté à la mairie, voire à la police ou à la gendarmerie, seules autorités habilitées à intervenir. Il ne s’agit pas, pour Frédéric Barret, de faire de la « délation », mais de repérer ici un portail ouvert, là une lumière dans une maison alors que leurs occupants sont absents, ailleurs un va-et-vient à des heures incongrues. Il y a fort à faire sachant qu’en France, on comptabilise un cambriolage toutes les trois minutes environ. L’an passé, 218 000 vols à domicile ont été constatés, une hausse de 3 %.
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Chaque information est publiée sur un site internet dédié, et le nom de la personne qui effectue le signalement est connu afin d’éviter « tout langage irrespectueux et discriminatoire ». En outre, le dispositif a, depuis plusieurs années, son propre service de modération qui fonctionne sept jours sur sept de 7 heures à 23 heures.
Le service est totalement gratuit pour les particuliers, mais payant pour les 1 000 communes signataires. Composée de 11 000 habitants, celle de Gaillard (Haute-Savoie) vient de signer une convention moyennant 4 000 euros par an pendant cinq ans. Cette ville fait état de « 166 foyers adhérents qui ont, au cours des douze derniers mois, effectué 70 alertes ». De son côté, la mairie du 15e arrondissement de Paris y adhère depuis quelques mois et estime à « 17 % la baisse des vols dans les logements ».
« J’ai aussi en tête une petite commune du Gard dont le lotissement était victime de cambriolages au moins trois à quatre fois par semaine, explique encore Frédéric Barret. Leurs 80 occupants y ont adhéré, ce qui leur a permis de les stopper. » Persuadée de l’intérêt du dispositif, la police nationale utilise les données de la société, dont les objectifs vont au-delà de la surveillance.
Chercheur en sciences sociales à l’université de Montpellier, Matthijs Gardenier précise dans l’une de ses publications qu’au-delà de la question sécuritaire, le dispositif crée du lien social dans les quartiers dont les habitants se connaissent souvent trop peu. De nouvelles perspectives s’ouvrent d’ailleurs au-delà du risque de cambriolage, avec des signalements sur les conditions météo, les alertes aux feux de forêt, et pourquoi pas des signalements en cas d’« alerte enlèvement ».
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