
Mohamed Amra sera extrait de sa prison ultrasécurisée la semaine prochaine. Le criminel va être présenté à des juges d’instruction de la Juridiction nationale de lutte contre le crime organisé (Junalco). Depuis sa cellule, à l’isolement dans la prison de Condé-sur-Sarthe, le prévenu devra ainsi être transféré à Paris pour être entendu dans l’une des enquêtes ouvertes à son encontre – celle pour meurtres en bande organisée en récidive.
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Ce transfert a été vivement dénoncé par les syndicats pénitentiaires, encore marqués par l’évasion mortelle de Mohamed Amra en mai 2024. L’individu surnommé La Mouche avait réussi à prendre la fuite alors qu’il se trouvait dans un fourgon pénitentiaire au péage d’Incarville, dans l’Eure. Un commando armé avait tué deux agents pénitentiaires afin de libérer le détenu. Après une longue cavale de neuf mois, Mohamed Amra avait été interpellé en Roumanie le 22 février, puis remis à la France.
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Wilfried Fonck, secrétaire national Ufap Unsa Justice, s’est dit « outré et scandalisé » par une telle extraction et estime que « le magistrat aurait très bien pu se déplacer sur son lieu d’incarcération ».
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Une colère que comprend le ministre de l’Intérieur. « Bien sûr qu’il faudrait que le juge s’y rende », a réagi Bruno Retailleau sur RTL ce mercredi 4 juin. Le chef de Beauvau a aussi pointé « des risques majeurs » lors d’extradition d’individus dangereux : « Faire sortir des types aussi dangereux d’une prison, ce sont des risques majeurs. Donc il faut que nous nous y adaptions et qu’on entende soit que le juge se déplace, soit qu’il y ait une visioconférence. »
La veille, sur TF1, le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, s’est toutefois dit persuadé « qu’il ne se passera rien », précisant attendre « la décision du Conseil constitutionnel qui permettra de faire [les interrogatoires, NDLR] en visio » et ainsi d’empêcher « ces efforts d’argent déployés pour ce monsieur qui ne mérite pas ».
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