Chaque année, ils composent la petite musique annonciatrice de la Grande Boucle (du 5 au 27 juillet). Les championnats de France sur route (hommes et femmes, professionnels et amateurs, en ligne et contre-la-montre) se déroulent de mercredi à dimanche prochains en terre vendéenne, aux Herbiers. Huit titres seront décernés, 600 athlètes engagés, 300 bénévoles mobilisés et 40 000 spectateurs attendus. Cette grande fête annuelle du vélo ne doit pas faire oublier les difficultés rencontrées par de nombreux autres organisateurs d’épreuves, comme l’explique au JDD Michel Callot.
Président de la Fédération française de cyclisme (FFC) depuis 2017 et successeur de David Lappartient (devenu président de l’Union cycliste internationale), le Bressan s’inquiète aussi de la cohabitation avec le trafic automobile mais se félicite de la bonne dynamique des licences portée notamment par la féminisation. Il se réjouit également de l’essor du Gravel, ce vélo de route adapté aux chemins forestiers et aux graviers.
Le rendez-vous des Herbiers
« C’est un plaisir d’aller là-bas. Les élus locaux sont habitués à accueillir des courses. Ils veulent que ces championnats soient une grande fête. C’est le plus gros événement que la Fédération française de cyclisme organise avec une récurrence annuelle. La médiatisation est très forte, les spectateurs sont très nombreux, les athlètes aussi. Et puis on sait l’importance que revêt le port du maillot bleu-blanc-rouge pour un coureur sur les routes du Tour de France, qui débute une semaine après. On a souvent des demandes pour accueillir ces championnats. L’édition 2026 est déjà attribuée en Isère, après une concurrence très serrée avec une candidature alsacienne. Le budget des championnats de France, c’est une fourchette entre 600 000 et 650 000 euros. »
« Il y a une inflation des budgets, notamment en raison des enjeux de sécurité »
Les épreuves menacées
« Nos organisateurs souffrent. Notre terrain de sport, c’est la voie publique, pas un stade ou un gymnase. Il y a une inflation des budgets, notamment en raison des enjeux de sécurité. Vous avez aussi des villes où les aménagements urbains rendent difficile le passage d’un peloton. Parfois, les élus ne veulent pas prendre la décision de bloquer la route le temps d’une course cycliste. Il y a également un peu d’essoufflement du nombre de bénévoles. Mais je tiens à nuancer ce constat. Parce que l’organisation des courses est dans notre ADN profond. Jusque dans les petits clubs, cette âme d’organisateur reste très présente. »
Les clubs trop petits
« On a près de 110 000 licenciés, soit une augmentation de 2,5 %, ce qui ne nous était pas arrivé depuis longtemps. Quand on regarde nos différentes disciplines, on s’aperçoit que la route se porte bien. Mais là où la progression est la plus forte cette année, c’est en BMX. Ça peut s’expliquer par l’effet Jeux olympiques [avec un triplé tricolore en BMX racing, NDLR]. Notre problématique est surtout la taille de nos 2 300 clubs. Aujourd’hui, un club compte en moyenne à peu près 44 licenciés. C’est tout petit et il y a donc très peu de salariés. Or, les bénévoles (présidents, trésoriers, secrétaires, etc.) ont besoin d’être soutenus par des salariés qui travaillent à temps plein. Pour pérenniser les clubs, il faut donc leur permettre de grandir et d’embaucher du personnel. »
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La féminisation confirmée
« Le Tour de France féminin est un atout très important. Il donne une notoriété aux compétitions cyclistes sur route. On essaie aussi de féminiser la Fédération, qui était vraiment très masculine. Cela va des dirigeantes à l’encadrement en passant par les métiers du vélo, comme les mécaniciennes. Ce travail à 360 degrés a été entrepris depuis plusieurs années. On est passé d’à peine 10 % de femmes dans nos effectifs à un peu plus de 13 %. En pourcentage, la progression des licences féminines est d’ailleurs plus forte que celle des hommes. »
Les dangers de la route
« Emmener des mineurs sur la route est un vrai sujet de préoccupation et un frein au développement de la pratique. Beaucoup de parents hésitent à confier leurs enfants pour ne pas les exposer aux dangers de la circulation. Ce n’est pas simple non plus de trouver des bénévoles qui acceptent d’endosser cette responsabilité. Là où j’habite, en Haute-Savoie, chaque fois que je fais un tour de vélo dans les vallées et que je vois la densité de circulation, je me dis que c’est devenu plus difficile pour nos éducateurs que ça l’était il y a encore trente ans. C’est lié à l’urbanisation, tout simplement. »
L’essor du Gravel
« C’est un gros succès. Les pratiquants nous disent deux choses : la première est qu’en limitant les tronçons routiers empruntés, ils se mettent en sécurité. La deuxième est qu’ils découvrent l’envers du décor et perçoivent la nature différemment, en allant par exemple en forêt. On va organiser la première édition des championnats de France de Gravel en septembre prochain à Châtellerault.»
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