C’était en octobre 2024, à peine un mois après l’attaque de drones lancée par l’Iran contre Israël. Des avions de chasse furtifs F-35 Lightning II décollaient de la base de Nevatim et filaient vers Téhéran à la vitesse folle de 1 500 km/h. Prenant soin d’éviter la défense antiaérienne iranienne, les chasseurs tiraient plusieurs missiles sur le gigantesque complexe militaire de Partchine, affilié aux gardiens de la révolution. L’un des projectiles fera mouche, sans pour autant porter atteinte au fonctionnement de la base.
L’attaque de l’État hébreu n’avait rien d’un hasard. C’est ici, à Partchine, que les mollahs développent depuis des années et dans la plus grande clandestinité l’essence même de leur programme balistique : les moteurs à propergol solide, seule technologie capable d’envoyer des missiles à plusieurs milliers de kilomètres et, in fine, de menacer Israël sur son propre sol.
Car le régime de Téhéran le sait, sa capacité à frapper durement Israël est l’instrument de sa survie. C’est la raison pour laquelle, depuis le début des années 2010, la république islamique, aidée par la Russie et la Corée du Nord, s’est attelée à bâtir un puissant arsenal de missiles de longue et moyenne portée. Et les mollahs ne manquent pas d’atouts. D’après un document interne aux gardiens de la révolution, fuité et transmis au JDNews par le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), l’Iran est en possession de toute une gamme de missiles capables de frapper des cibles jusqu’à 2 000 kilomètres. Shahab-3, Sejil, Qader, Ashoura ou Ghaem, ces fusées ont été développées en catimini par la « force aérospatiale » du Corps des gardiens de la révolution, sous l’impulsion du général Amir Ali Hajizadeh, tué par une frappe israélienne le 13 juin dernier alors qu’il se terrait dans un abri souterrain.
Le Mossad a éliminé de nombreux ingénieurs militaires liés aux Gardiens de la révolution islamique
Pour masquer aux yeux du monde, et surtout des Israéliens, le développement de ce programme balistique, les mollahs ont fait creuser de gigantesques complexes dans les provinces les plus reculées du pays. D’après nos informations, c’est dans les montagnes de Semnan, à 1 200 mètres d’altitude, que le plus grand site de missiles iranien repose. C’est la Sazman-e Pazhouheshhaye Novin-e Defa’i (SPND), une organisation secrète d’ingénieurs en science balistique, qui gère le complexe. En 2020, son directeur, Mohsen Fakhrizadeh était assassiné par le Mossad dans la ville d’Absard, non loin de Téhéran. Décapitée de son ingénieur en chef, la SPND a continué d’officier dans la plus grande discrétion et elle est parvenue, selon plusieurs documents internes à l’organisation consultés par le JDNews, à franchir un point de non-retour dans le développement de missiles à tête nucléaire.
Frapper depuis l’espace
Janvier 2024. L’ayatollah Khamenei a fait le déplacement expressément pour l’occasion : les gardiens de la révolution viennent de mettre en orbite un satellite à près de 800 kilomètres d’altitude, un record pour Téhéran qui maîtrise mal les technologies de propulsion orbitale. Les services de renseignement américains et israéliens s’agitent. Comment la république islamique a-t-elle pu réaliser un tel exploit ? D’après les informations transmises au JDNews par les faisceaux de résistance du CNRI, c’est la révélation du programme « Ghaem » qui aurait pu accélérer l’offensive d’Israël. Ghaem, « celui qui se lève » en farsi, est un programme balistique de dernière génération développé par les ingénieurs de la SPND. Propulsée par un moteur au propergol solide, cette fusée est capable de voler jusqu’à 3 000 kilomètres… en passant par l’orbite terrestre basse, ce qui la rend difficile à intercepter pour les systèmes de défense antimissile.
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Plus inquiétant encore, les scientifiques de la SPND, que Tsahal tente de décimer depuis, projetaient d’installer, depuis le complexe de Shahroud, des têtes nucléaires sur les missiles Ghaem. Si le succès de cette entreprise reste une inconnue, les progrès de Téhéran en matière d’enrichissement d’uranium à des fins militaires ont convaincu l’État hébreu d’intervenir préventivement contre le programme balistique iranien, qui a pris du plomb dans l’aile depuis.

L’offensive tous azimuts d’Israël
Depuis deux semaines, Israël tente d’annihiler les progrès balistiques du régime des mollahs. Tsahal revendique ainsi la neutralisation de plus de trente lance-missiles et de trois dépôts stratégiques, ainsi que l’élimination de plusieurs commandants du Corps des gardiens de la révolution, dont Saeed Izadi et Behnam Shahriyari, acteurs centraux de l’arsenal missilier iranien. Malgré ces nombreuses frappes, Téhéran continue sa riposte et fait pleuvoir des centaines de projectiles sur les grandes villes israéliennes, Tel-Aviv et Haïfa notamment. Et si la théocratie a d’ores et déjà employé des missiles hypersoniques, son arsenal pourrait réserver d’autres surprises.
Quant à Israël, la défense de son ciel lui coûte cher – environ 50 000 dollars par missile intercepté – et ses frappes dans la profondeur iranienne ne semblent pas se tarir. Mais Benjamin Netanyahou l’a réaffirmé : la guerre ne prendra fin qu’une fois les capacités balistiques et nucléaires de l’Iran anéanties. La république islamique, elle, tant qu’elle n’est pas vivement contestée dans la rue, semble prête à accepter un conflit dans la durée. C’est donc Donald Trump et son administration, en proie à un jeu de dame entre faucons et isolationnistes, qui feront basculer le cours des événements. Après une opération aérienne spectaculaire contre les installations nucléaires iraniennes, s’engageront-ils dans une guerre à long terme ?
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