Ce mardi 24 juin, le député UDR Charles Alloncle a été désigné pour prendre la tête de la commission d’enquête parlementaire consacrée au coût de l’immigration en France. Cette commission qui devrait débuter avant la fin de la session parlementaire extraordinaire s’inscrit dans le cadre du droit de tirage annuel du groupe présidé à l’Assemblée nationale par Éric Ciotti et s’étendra sur six mois. Le pilote de la commission Charles Alloncle décrypte les objectifs de cette commission : « évaluer, de manière rigoureuse, objective et exhaustive, le coût net de la politique migratoire française ». Seront évalués lors de travaux le coût ainsi que l’apport de l’immigration dans de nombreux secteurs tels que la protection sociale, la santé, la sécurité, l’éducation, la justice, le logement ou encore l’emploi.
Charles Alloncle ambitionne d’auditionner des responsables d’administrations, des personnalités politiques de tous horizons, des experts qui « apporteront leur analyse technique et statistique » sur le sujet, des représentants associatifs « qui bénéficient d’argent public » ainsi que ceux qui « au quotidien, sont confrontés aux réalités de l’immigration » comme des enseignants, des patrons, des forces de l’ordre, des élus locaux ou encore des soignants.
Si des estimations du coût net de l’immigration à la France existent déjà, Charles Alloncle évoque une initiative « inédite » puisque « jamais l’État n’a produit un rapport global, officiel, public et inter-administratif ». Le député de l’Hérault explique ce manque par l’existence « d’un véritable tabou institutionnel ». Déjà en pleins débats de la loi immigration à la fin de l’année 2023, la publication d’un rapport de la Cour des comptes sur le sujet avait été reportée afin de « ne pas influencer les débats ». Charles Alloncle juge que ce report est « une preuve flagrante de l’omerta qui sévit jusque dans nos propres institutions de contrôle ». Afin de briser l’interdit politique de l’évaluation budgétaire, Charles Alloncle promet des travaux méthodiques et rappelle qu’il s’agit d’une commission d’enquête, « pas d’une tribune idéologique ». « Si l’immigration constitue une richesse pour le pays, les données le prouveront. Si elle représente, à l’inverse, un coût massif, alors la représentation nationale a le devoir de le dire aux Français » indique-t-il.
« Partir des chiffres et uniquement des chiffres »
« Partir des chiffres et uniquement des chiffres, loin des caricatures et mystifications qui ont hanté le débat public depuis des décennies ». Le fondateur de la banque en ligne « Blank » donne le ton de sa commission d’enquête : méthodique voire quasi scientifique. Charles Alloncle promet un chiffrage officiel, consolidé et transversal. Il explique vouloir prendre en compte à la fois les dépenses publiques directement liées à l’immigration (prestations sociales, santé, éducation, justice, sécurité, logement) ainsi que les recettes fiscales générées (impôt sur le revenu, TVA, cotisations sociales). Seront également intégrés aux calculs des coûts indirects comme la rénovation urbaine ou encore la dilution du taux d’activité que le député estime être un « sujet essentiel » ou encore les transferts d’argent vers les pays d’origine.
La commission d’enquête se penchera également sur les coûts des étrangers dans les prisons et dans les centres de rétention administrative. Charles Alloncle évoque le quart des détenus en France qui est étranger, soit environ 20 000 personnes. « À 100 euros par jour et par détenu, cela représente 2 millions d’euros quotidiens, plus de 700 millions d’euros par an et ce, sans compter les frais annexes : procédures judiciaires, aide juridictionnelle, interprètes, sécurité renforcée » détaille le parlementaire.
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Charles Alloncle n’exclut pas, au contraire, de s’aider de travaux déjà réalisés sur le sujet. Une récente note de l’Observatoire de l’immigration et de la démographie chiffre le coût de l’immigration à 3,4 % du PIB par an, une « contribution précieuse, largement saluée pour sa rigueur et son ambition méthodologique » selon le député. Idem pour les travaux de Pierre Danon qui estime le coût net de l’immigration à 41 milliards d’euros par an, une fois les recettes fiscales retranchées.
À l’heure où François Bayrou cherche 40 milliards d’euros d’économie et doit annoncer ses orientations après la Fête nationale, Charles Alloncle ambitionne de proposer à l’exécutif des pistes d’économies concrètes et chiffrées. Pour l’instant, il prend le pari qu’ « aucune piste de François Bayrou ne portera sur la question de l’immigration ». Rendez-vous le 15 juillet.
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