Quelques jours avant le défilé du 14-Juillet, un officier de l’armée de l’Air et de l’Espace (AAE) a raconté au JDD une anecdote frappante : « Pour cette version 2025, nous avons une soixantaine d’avions qui vont défiler au-dessus des Champs-Élysées. En 1937, nous en comptions 600 ! » déplore-t-il, comme pour souligner les limites en termes de moyens de son armée.
Au même moment, lors de son audition à l’Assemblée nationale le 9 juillet, c’est le numéro 1 de l’AAE qui a pris ses responsabilités. « Nous avons besoin d’augmenter nos formats. C’est une évidence. Pourquoi ? Parce que la polyvalence [de nos avions, comme le Rafale, NDLR] ne rime pas avec l’ubiquité », a souligné le général Jérôme Bellanger, quelques jours avant la fête nationale et le défilé aérien.
En février dernier, le ministre des Armées, Sébastien Lecornu, avait annoncé son intention d’ajouter entre 20 et 30 Rafale supplémentaires à la flotte nationale. « Je pense que c’est le bon chiffre », a confirmé le général Bellanger, avant d’admettre que son armée « surutilise les Rafale à hauteur de 15 % » afin de répondre aux engagements opérationnels.
« 96 appareils pour mener toutes nos missions, ce n’est pas suffisant compte tenu du contexte international »
Parmi ces missions figurent la posture permanente de sûreté aérienne (surveillance et protection de l’espace aérien national 24h/24), la dissuasion nucléaire, la formation ou encore la projection de puissance et l’intervention extérieure. « À titre d’information, nous avons 15 à 20 appareils mobilisés aux Émirats arabes unis, à Djibouti ou encore en Jordanie », détaille un officier.
En « off », un autre militaire rappelle qu’en 2024, l’armée de l’Air est passée sous la barre des 100 Rafale. « 96 appareils pour mener toutes nos missions, ce n’est pas suffisant compte tenu du contexte international et de l’évolution de la conflictualité ». Il poursuit : « En cas de conflit, on perd des avions. Dans notre situation, il y a des choses que l’on ne pourra plus accomplir ».
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Ces dernières semaines, le conflit aérien entre l’Inde et le Pakistan, puis l’opération israélienne « Rising Lion » menée contre l’Iran, ont conduit le général Jérôme Bellanger à affirmer qu’un « accroissement du format de l’aviation de chasse est nécessaire ». Selon l’étoilé, renforcer le parc de Rafale « permettra de conserver une marge de manœuvre politique et militaire ainsi que la capacité à durer ». Pour rappel, en 2024, la France a cédé 24 de ses Rafale afin d’honorer les contrats signés avec la Grèce et la Croatie.
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