Avec En Toute Liberté, un podcast politique réalisé en partenariat avec le média belge 21 News, le fils de l’ancien président Nicolas Sarkozy choisit la parole longue, la conversation assumée, le face-à-face sans filet. Et pour son premier épisode, il a choisi un invité de marque : Bruno Retailleau, ministre de l’Intérieur en exercice et figure montante de la droite selon les sondages. « Il prépare sa campagne, même s’il s’en défend. Il répond à tout, glisse Louis Sarkozy. L’énergie, la diplomatie, la place de la France dans le monde… Ce n’est pas le discours d’un ministre en poste. C’est celui d’un homme qui s’est hissé au rang de personnalité nationale, d’un prétendant sérieux à l’élection présidentielle. Et il le sait. »
Dans ce nouveau podcast, Retailleau parle en homme qui sent le vent tourner. Il est, selon Louis Sarkozy, la seule personnalité capable à la fois d’amputer le Rassemblement national de ses voix et d’incarner une forme d’héritage de la macronie. L’essayiste et écrivain l’a senti combatif, prêt à désigner un ennemi : la gauche radicale, et en particulier La France insoumise, cette incarnation selon lui de la caricature politique. « Ces gens sont une telle caricature d’eux-mêmes qu’ils en deviennent des ennemis parfaits, et il le sait. Il sera leur parade ».
Au sujet de la peine d’inéligibilité récemment prononcée à l’encontre de Marine Le Pen, Bruno Retailleau se montre nuancé. Le ministre dit désapprouver la décision des juges, mais refuse de s’attarder sur le sujet. « Je le sens prudent, commente son interlocuteur. Son ambition présidentielle n’est pas suspendue aux aléas judiciaires d’autrui. »
Durant une heure, Bruno Retailleau aborde tous les sujets sans esquive. Il évoque le cas de Boualem Sansal, écrivain franco-algérien emprisonné en Algérie, s’attaque frontalement à Jean-Luc Mélenchon, évoque la « créolisation » du pays et accuse LFI de vouloir « segmenter la nation jusqu’à ce qu’elle ne soit plus qu’un agrégat de communautés ». À ses yeux, les Insoumis veulent détruire, précisément, ce qui tient encore debout en France. Dans ce contexte, Bruno Retailleau « a compris que la révolution libérale arrive et sent que la France peut saisir l’opportunité de jouer le rôle que les États-Unis jouaient autrefois », analyse Louis Sarkozy pour le JDD.
« Bruno Retailleau a compris qu’une révolution libérale approchait en France »
Sur un plan plus personnel : cela faisait vingt ans que le jeune Sarkozy n’était pas retourné à Beauvau, où son père avait exercé comme ministre de l’Intérieur. Et l’expérience, confie-t-il, fut exceptionnelle, « presque hallucinogène ». « Je me suis revu enfant. Ce sont là mes premiers souvenirs. C’est à Beauvau que j’ai grandi, que j’ai vu les enfants des fonctionnaires jouer dans le jardin de la crèche. Je me souvenais de tout : quand j’étais malade, quand je faisais mes devoirs près du piano, l’endroit où je prenais mes bains… Je souhaite à chacun de pouvoir visiter un jour le lieu où j’ai grandi. »
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Dans la foulée de ce premier épisode, Louis Sarkozy entend bien installer En Toute Liberté comme un rendez-vous régulier du débat d’idées. Prochain invité annoncé : Georges-Louis Bouchez, chef de la droite belge et président du Mouvement Réformateur. L’enregistrement se tiendra en Belgique. Et d’autres figures de premier plan, issues du monde politique, économique, culturel ou intellectuel, suivront, avec pour objectif un épisode toutes les deux semaines.
« Je souhaite, via ce projet, permettre une rencontre bienveillante où les invités peuvent s’exprimer sur le fond sans être trop interrompus, explique Louis Sarkozy. Nous interrogerons des personnalités de tous bords, de gauche comme de droite, françaises ou étrangères. Ce qui nous intéresse, c’est d’établir un lien de confiance durant l’émission afin que les invités puissent s’exprimer en toute liberté, en allant au fond des sujets abordés. C’est notamment pour cela que le format est de plus d’une heure. »
« Notre objectif, c’est de garantir à nos invités une liberté de parole totale »
Étienne Dujardin, fondateur du média belge 21 News, a accordé sa confiance à Louis Sarkozy pour mener à bien ce projet. Il se réjouit du lancement de ce nouveau format : « On voit que certaines émissions digitales réalisent des audiences en millions de vues. C’est ce que permettent les nouveaux médias et les réseaux sociaux. On voit notamment la tendance aux États-Unis avec des émissions du genre qui cartonnent depuis des années ; le format arrive petit à petit chez nous également. »
Auprès du JDD, Louis Sarkozy précise son ambition : offrir une véritable plateforme digitale à des voix qu’on entend rarement. Un espace au format long, à rebours des plateaux télévisés où la pression du temps bride trop souvent la parole. « Notre objectif, c’est de garantir à nos invités une liberté de parole totale », insiste-t-il.
Et son père, Nicolas Sarkozy, y viendra-t-il ? « Pas tout de suite », sourit le jeune homme. Et Marine Le Pen ? Jean-Luc Mélenchon ? « Aucun problème. On veut parler à tout le monde. D’ailleurs, je recevrai Jordan Bardella avec plaisir, s’il accepte. Je serais ravi de m’entretenir avec la plus extrême des droites… comme avec la plus dingue des gauches », conclut-il, avec un brin de provocation assumée, qui semble déjà faire la signature de son émission.
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