Arnaud Benedetti : «Hollande bénéficie d’une sorte de privilège progressiste»
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Politique
Propos recueillis par
02/06/2025 à 15:30

Le JDD. Comment expliquez-vous que les révélations de Libération ont rencontré si peu d’écho médiatique ?
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Arnaud Benedetti. De deux manières ; soit François Hollande ne dispose pas aux yeux des médias d’un capital d’avenir et que ce sujet est soldé par ce qui est considéré comme l’échec du quinquennat de l’ancien Président ; soit il existe une indulgence systémique médiatique pour tout acteur politique aux prises à des soupçons, dès lors qu’il est de gauche ou qu’il appartient même au bloc macroniste.
Quelle hypothèse privilégiez-vous ?
Il faut vraisemblablement hybrider les deux hypothèses pour saisir cette « invisibilisation » qui à ce stade caractérise l’approche journalistique de ce sujet. Sauf à considérer que la rondeur placide de François Hollande l’immunise, quand les aspérités supposées ou réelles d’autres personnages politiques de premier plan les surexposent à la loupe médiatique, il y a dans tous les cas un différentiel de traitement qui laisse apparaître, pour qui sait ou veut voir, une sorte de privilège pour le camp « progressiste ».
Qu’est-ce que cela dit des médias ?
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Il s’agit là d’une propriété que la sociologie des médias a identifiée il y a presque un demi-siècle. Les journalistes sont des gatekeepers comme les analystes américains du champ journalistique l’ont montré, c’est-à-dire littéralement des « concierges » ou « gardiens d’immeubles », qui ont pour mission de filtrer ce qui peut ou non accéder au statut informationnel légitime.
L’idéologie aux 1001 nuances de « progressisme » a perdu son monopole
Lorsqu’une sociologie est par trop compacte idéologiquement, le biais qui en résulte est l’affaiblissement de la pluralité médiatique, et donc de la diversité des contenus et des points de vue. D’où les indignations d’une partie des médias mainstream tout à la fois contre les réseaux sociaux, boîtes noires souvent de toutes leurs incompréhensions quant à la profondeur de notre crise démocratique, et contre le surgissement d’offres médiatiques résolument critiques quant à des décennies de domination de ce que l’on appelle le « politiquement correct ». De ce point de vue, la polarisation nouvelle du champ médiatique témoigne aussi de la fin d’un monopole : celui de l’idéologie aux 1001 nuances de « progressisme »…

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