
« J’obtiens mes droits, ou je meurs par le feu », a prévenu Fouzi Abdelkader Zeghot avant de mettre sa menace à exécution. Cet ancien militaire, originaire de la ville de Frenda, a tenté de s’immoler par le feu devant le siège du ministère de la Justice algérien dans la matinée du dimanche 1er juin.
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Les images de son passage à l’acte secouent l’Algérie tout entière depuis ce week-end, tant elles rappellent le cas du vendeur ambulant tunisien Mohamed Bouazizi, dont la mort par immolation avait provoqué le Printemps arabe de 2010. Fouzi a été secouru in extremis et transporté à l’hôpital de Zéralda, où il est actuellement soigné pour de graves brûlures.
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La vidéo de la tentative de suicide de Fouzi a été vue et partagée des centaines de milliers de fois. Originaire de la ville de Frenda, à 340 km à l’ouest d’Alger, cet homme dirige une association qui aide des personnes malades en prenant en charge leurs frais de soins et d’hospitalisation, apprend-on dans le Point.
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Condamné en première instance en 2020 à cinq ans de prison, il lui est reproché par la justice lui reproche des « activités sociales non autorisées, usurpation d’identité et collecte de dons sans autorisation » et l’accuse « d’incitation à un rassemblement non armé et de blocage de la voie publique, ainsi que d’obstruction à la circulation ». Remis en liberté provisoire et placé sous contrôle judiciaire, l’homme clame son innocence depuis cinq ans.
Il a fini par craquer ce dimanche alors que le juge qui l’a condamné en première instance, selon ses dires, l’a menacé de lui infliger une peine de dix ans de prison. À bout, Fouzi s’est rendu à Alger pour adresser un ultime message à ce magistrat. « Tu ne peux me briser. Mourir plutôt que m’avilir », a-t-il lancé avant de s’asperger d’essence et de se mettre le feu, sous le regard d’un ami à qui il avait demandé de le filmer. Une enquête judiciaire a été ouverte par le parquet d’Alger pour déterminer les circonstances exactes de cet acte.
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Ce drame brutal met une nouvelle fois en lumière les dérives d’un appareil judiciaire arbitraire et répressif, comme en témoigne l’affaire de Boualem Sansal. Cela fait déjà 200 jours que l’écrivain a été arrêté par les autorités algériennes. Condamné à cinq ans de prison pour atteinte à la sûreté de l’État, l’homme de lettres de 80 ans pourrait finir ses jours en prison.
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