Le JDNews. Nutrition & Santé est constitué de plusieurs marques fortes. Comment votre activité est-elle répartie ?
Luis Uribe. Notre activité s’articule autour de trois grandes catégories : le snacking et petit-déjeuner sain avec Gerblé, qui représente plus de 50 % de notre chiffre d’affaires, l’alternative végétale (galette de céréales, de tofu, lentilles), avec Soy et Céréal Bio, soit environ 20 %, et enfin la nutrition active avec deux segments, Gerlinéa (aliments liés à la gestion du poids) et Isostar (produits liés à la nutrition sportive), qui représentent ensemble 25 % de l’activité. Le reste se compose de segments plus marginaux.
Vous affichez des performances supérieures à la moyenne du marché alimentaire…
Oui, nous affichons en 2024 une croissance globale de + 6,5 % en France et + 3,4 % sur l’ensemble du groupe. Nous maintenons ainsi une quasi-stabilité des ventes sur le marché du végétal et du bio, très compétitif. Mais il faut surtout relever que le marché du snacking nous tire vers le haut avec une progression de 11,4 % en volume, ce qui nous place parmi les marques alimentaires les plus dynamiques en France ! L’année dernière, nous avons été la sixième plus grosse croissance alimentaire en volume. Ces bons résultats s’expliquent par une meilleure conscience nutritionnelle : réduction du sucre, enrichissement en fibres, sans gluten… Les consommateurs sont de plus en plus attentifs aux apports journaliers et à l’équilibre de leur alimentation.
Quels sont les atouts nutritionnels d’un gâteau Gerblé par rapport à un gâteau classique ?
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Aujourd’hui, 93 % de nos produits sont éligibles au Nutri-Score A, B ou C. Nous avons anticipé la nouvelle version plus exigeante du Nutri-Score 2.0. Concrètement, c’est une réduction de 30 à 70 % de sucre par rapport aux produits conventionnels. Par ailleurs, nous utilisons le moins d’additifs possible. Notre politique vise à simplifier les recettes et à reformuler régulièrement nos produits pour éliminer ce qui n’est pas essentiel, tout en préservant le goût. C’est un travail constant.
Le consommateur a-t-il besoin d’être rééduqué ?
Il faut savoir qu’en Europe de l’Ouest, la moyenne de la consommation de sucre est trois fois supérieure aux recommandations mondiales de l’Organisation mondiale de la santé. Donc oui, le consommateur a besoin d’être accompagné, voire rééduqué, et c’est aussi notre rôle : un produit Gerblé est un levier de rééducation alimentaire, car moins de sucre signifie moins d’accoutumance, et nous développons en parallèle des services pédagogiques, notamment avec des mutuelles, pour aider chacun à mieux équilibrer son alimentation.
« Ces bons résultats s’expliquent par une meilleur conscience nutritionnelle des consommateurs »
L’aspect nutritionnel est parfois un argument marketing qui ne correspond pas à la réalité. Les consommateurs ont-ils des gages de cette qualité ?
En 2025, nous avons franchi le cap de « l’entreprise à mission ». C’est une étape importante pour Nutrition & Santé, et une garantie pour le consommateur ! Cela signifie que nous inscrivons officiellement dans nos statuts le fait de proposer une alimentation plus saine, plus durable et adaptée à tous les besoins, ce qui est dans l’ADN de l’entreprise depuis sa création il y a cinquante ans. Il s’agit d’un engagement collectif, bien au-delà des seules obligations réglementaires. Cela s’accompagne d’une gouvernance exigeante, avec un comité de mission indépendant qui mesure nos avancées. C’est un véritable outil de pilotage pour transformer nos engagements en résultats concrets. Nous voulons démontrer qu’une entreprise responsable peut allier performance économique et impact positif sur la société et l’environnement !
Comment cette responsabilité se manifeste-t-elle concrètement ?
Notre feuille de route inclut une transition agroécologique. Nous investissons 10 millions d’euros sur cinq ans pour décarboner nos sites. Nous visons 80 % d’ingrédients issus de filières françaises ou espagnoles d’ici 2030, dont 60 % issus de pratiques agroécologiques. Cela passe aussi par des contrats tripartites avec des coopératives ou des agriculteurs pour accompagner la transition.
Vous fabriquez en France ? Avec des agriculteurs français ?
Oui, nous avons huit sites en France, dont le principal est en Occitanie, et deux en Espagne. Nos ingrédients proviennent prioritairement de filières locales. À titre d’exemple, notre filière soja regroupe 220 agriculteurs partenaires. Nous valorisons les circuits courts : 60 % de nos ingrédients sont cultivés à moins de 300 kilomètres de nos sites de production, ce qui nous permet de garantir la qualité et la traçabilité avec un impact environnemental réduit.
Quelle est enfin votre stratégie à long terme et quels sont vos objectifs ?
Nous voulons démocratiser l’accès à une alimentation saine ! Aujourd’hui, 28 % des foyers consomment nos produits. Notre objectif est d’élargir cette base, notamment auprès de cibles plus jeunes et moins familières de nos rayons. Le Royaume-Uni est aussi un marché prioritaire pour notre expansion. Manger mieux n’est pas une mode, c’est une tendance de fond que nous voulons accompagner durablement.
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