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Boualem Sansal : l’échec d’une stratégie de silence face à la dictature algérienne



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5 Juil 2025
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Boualem Sansal : l’échec d’une stratégie de silence face à la dictature algérienne
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On nous avait dit : il faut aller jusqu’au procès et après il sera libéré ; puis on nous a dit : il faut aller jusqu’à la fin du ramadan et il sera libéré ; et on nous a encore dit : il faut aller jusqu’à l’appel et il sera libéré ; et on nous a redit : il faut se taire encore et il sera gracié à l’occasion de la fête nationale…

À chaque échec, le même narratif empreint d’attentes, d’appel au mutisme, de prudence jusqu’à plus soif. Hélas, le silence diplomatique a tout du silence du tombeau. Et à l’intérieur de ce tombeau, c’est hélas bien un vivant, un homme, un écrivain parmi les plus courageux de nos écrivains qui demeure enfermé, persécuté dans l’obscurité d’une prison algérienne. Jusqu’à quand ? L’absence de grâce, ce 5 juillet, de notre ami Boualem Sansal devrait en toute logique mettre un terme à une stratégie dont le résultat est toujours plus de dureté de la part d’Alger et de ses hiérarques. Rien pourtant n’est moins sûr, tant la tétanie a jusqu’à présent caractérisé la position officielle et sans doute officieuse des autorités françaises. Entre-temps, nous avons appris qu’un jeune journaliste français avait été depuis plus d’un an, en mai 2024, placé sous contrôle judiciaire et condamné ce dimanche 29 juin 2025 à plus de sept ans d’emprisonnement. À ce dernier, à ses proches et à ses amis, le conseil prodigué fut de se taire aussi et ceux-là l’ont suivi jusqu’à ce que la déflagration d’une condamnation aussi arbitraire qu’ubuesque vienne à rendre insupportable et inaudible cette retenue.

Il faut s’interroger au demeurant sur une disposition diplomatique qui en faisant silence sur le cas de Christophe Gleizes aura eu pour conséquence indirecte de ne pas contribuer à alerter sur le durcissement accéléré du régime d’Alger à l’encontre de la France ceux qui, comme Boualem Sansal, continuaient à vivre ou à se rendre en Algérie… Une fois ce constat établi, que dire et que faire ? Dire tout d’abord que le Comité de soutien n’a jamais partagé l’optimisme diffus des autorités françaises laissant entendre ces derniers jours une issue rapide au profit de Boualem Sansal.

Et force est d’observer que ce n’est pas la première fois que nos propres capteurs ne sont pas alignés sur ceux de l’exécutif qui, soit par irénisme, soit par déficit d’informations consolidées, voire une combinaison des deux, dresse prématurément des hypothèses de libération démenties par les faits. Déjà à l’occasion du Salon du livre en avril dernier, le Président de la République avait cru bon, de manière bien imprudente, d’anticiper une sortie rapide de notre compatriote.

Dans cette affaire dont on mesure qu’elle cristallise tous les traumas de la relation morbide franco-algérienne, l’asymétrie comportementale et donc politique entre Alger et Paris est patente. La démocratie affaiblie d’un côté, la dictature cadenassée de l’autre, ne se comprennent pas, ou plutôt la seconde connaissant bien mieux la première que celle-ci ne connaît celle-là, dicte son tempo, ses exigences, ses retournements caractériels à une France dont la diplomatie paraît détourner le regard de la réalité de la structure du pouvoir algérien.

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Le président algérien Abdelmadjid Tebboune.

Celui-ci reste marqué par sa genèse : il est sovietoïde dans son fonctionnement, c’est-à-dire opaque. Il est par ailleurs traversé de courants contraires où des factions s’affrontent derrière le rideau, y compris au sein de l’armée qui n’est pas un tout homogène. Il est ensuite dopé à la haine profonde de la France, feinte ou réelle en fonction tout autant des uns ou des autres que des circonstances aussi, mais toujours utilisée comme le plus petit dénominateur commun entre les clans qui peuvent s’opposer au sein même de l’état profond algérien. Il est enfin imprévisible ; car son système de valeurs, son rapport à la rationalité n’est pas celui qui opère de ce côté-ci de la Méditerranée : la parole d’un jour n’est pas celle du lendemain, le chantage est un mode opératoire récurrent, la brutalité inhérente à une histoire violente et où la violence est un mode de régulation des combats politiques…

En bref, l’Algérie subit une dictature manipulatrice, corruptrice, dissimulatrice à laquelle nous voulons répondre avec des méthodes qui préjugent qu’elles sont également propres à nos interlocuteurs. Depuis sept mois, le cas dramatique de Boualem Sansal est obéré par cette erreur de jugement qui, par sa persévérance, interroge au point d’apparaître comme le témoignage d’une incompréhensible soumission. En un mot : l’exécutif français a peur, domestiqué par une « mauvaise conscience » post-coloniale, impressionné par la grammaire du rapport de force que lui impose toujours plus les hiérarques d’Alger qui usent de toutes les ficelles les plus retorses, non sans une perversité jouissive, pour lui imposer des refus contraires à tous les principes des droits les plus élémentaires et des exigences toujours plus inacceptables.

Les moyens d’agir ne manquent pas, à condition de le vouloir

Les leviers pour sortir de cette situation existent néanmoins : à maintes reprises, ils ont été identifiés et préconisés. Des visas en passant par l’accord d’association entre Union européenne et l’Algérie, aux enquêtes sur les biens de la nomenklatura algérienne entre autres, les moyens d’agir ne manquent pas, à condition de le vouloir. Le vouloir justement : c’est là tout l’enjeu.

Il y a une ligne faible depuis des mois dans le traitement de la prise d’otage de Boualem Sansal comme de celle de Christophe Gleizes. C’est celle qui depuis le 16 novembre à Paris croit à la bonne foi des geôliers, à leur sens de l’humanité, à leur volonté d’établir une relation apaisée avec la France alors que c’est la nécessité d’entretenir une relation conflictuelle avec l’ancien colonisateur qui, à leurs yeux, fonde leur légitimité historique et politique.

La voie de la conflictualité permanente leur servirait d’assurance-vie, quand bien même elle se ferait au détriment de leur propre peuple. « Il faut beaucoup de lucidité pour voir l’envers du décor ; il faut beaucoup de courage pour le dire », écrit notre ami embastillé. Les dirigeants français qui tentent en vain d’obtenir sa libération feraient bien de retenir l’enseignement de Boualem Sansal. De la lucidité et du courage, c’est ce qui nous a manqué depuis ces trop nombreux mois. Il est temps de changer de méthode.

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