Boualem Sansal, otage d’Alger et silence de Paris – France Alerte
France Alerte

  • Accueil
No Result
View All Result
France Alerte

No Result
View All Result
Home Auto


PUBLICITÉ

Boualem Sansal, otage d’Alger et silence de Paris



PUBLICITÉ


by
5 Juil 2025
in Auto
0

Boualem Sansal, otage d’Alger et silence de Paris
PUBLICITÉ



Boualem Sansal, 80 ans, romancier de renommée mondiale.

Il aura suffi d’un stylo pour mériter cinq ans de prison. Pas une arme, pas un réseau clandestin, pas un appel à la sédition. Non : des livres. Des idées. Un regard libre sur l’Algérie d’aujourd’hui. Boualem Sansal, 80 ans, romancier de renommée mondiale, est condamné pour « atteinte à l’unité nationale ». Le genre de formule creuse qu’on ressort quand on n’a plus d’argument. Un crime d’opinion maquillé en trahison. Une sentence politique.

Publicité

À lire aussi
«Vous n’avez pas honte ?» : Manon Aubry mise en difficulté sur l’emprisonnement de Boualem Sansal

Ce 5 juillet, jour anniversaire de l’indépendance algérienne, aurait pu être un geste d’apaisement. Mais d’après les informations qui nous parviennent, le président Tebboune a soigneusement exclu Sansal de la liste des grâces. Trop français ? Trop libre ? Trop critique ? Le message est clair : on ne pardonne pas à ceux qui pensent contre la ligne. Et surtout pas si leur nom embarrasse Alger…

La suite après cette publicité

Et Boualem Sansal n’est pas seul. Le journaliste Christophe Gleizes, lui aussi emprisonné, purge une peine de sept ans pour « apologie du terrorisme ». On n’est pas loin de Kafka. Ou plutôt : on y est. En Algérie, la vérité est un danger public. La littérature, une menace d’État. Et la dissidence, un délit de lèse-pouvoir. Derrière la façade démocratique, c’est toujours la même tentation : celle d’un régime paranoïaque qui confond la critique avec la trahison.

La suite après cette publicité

Depuis novembre, Paris gémit mais n’agit pas. Chaque semaine, une indignation molle. Chaque mois, un communiqué creux. Et à la fin ? Rien. Pas de rappel d’ambassadeur, pas de gel des coopérations, pas même un coup de menton diplomatique. Dans l’affaire Sansal, la politique étrangère française se résume à un soupir poli et une supplique feutrée : « Monsieur Tebboune, s’il vous plaît… » C’est la stratégie de la courbette, de la carpette, de la capitulation.

On n’a pourtant jamais autant délivré de visas aux ressortissants algériens. Jamais autant caressé dans le sens du poil un régime qui, lui, ne nous rend rien — sinon le mépris. Le gouvernement français dispose de leviers migratoires, économiques, symboliques. Tous sont restés soigneusement rangés au placard. Cette peur panique d’« humilier Alger » paralyse tout. On ne veut surtout pas raviver les blessures, ni contrarier l’électorat franco-algérien, ni réveiller les traumatismes post-coloniaux. Alors on s’autocensure. On s’adoucit. On parle de grâce humanitaire comme on traiterait un cas de retraite anticipée. 

La suite après cette publicité

La suite après cette publicité

Seul Bruno Retailleau a eu le courage d’appeler un chat un chat : il ne s’agit pas d’une affaire consulaire, mais d’un scandale d’État. Le silence français n’est pas seulement timoré : il est complice. Car une République qui n’est pas capable de défendre ses écrivains contre la prison, c’est une République qui a déjà renoncé.

Ce vieil homme en prison, ce penseur muet derrière les barreaux, est le miroir d’un double renoncement

L’Algérie trahit ses promesses. La France trahit les siens. Voilà ce que dit, en creux, le sort de Boualem Sansal. Ce vieil homme en prison, ce penseur muet derrière les barreaux, est le miroir d’un double renoncement : celui d’un régime incapable de tolérer une voix libre, et celui d’une France incapable de la défendre.

On voudrait croire que son cas est isolé. Il ne l’est pas. Tous les otages français retenus à l’étranger le sont aujourd’hui par des régimes islamiques : Cécile Kohler et Jacques Paris en Iran. Christophe Gleizes et Boualem Sansal en Algérie. Il faut se souvenir d’Hervé Gourdel, décapité en 2014 par un groupe djihadiste algérien. Ou d’Olivier Dubois, journaliste enlevé au Mali, libéré en 2023 après 711 jours de captivité. 

La France est devenue un pays qui attend, qui prie, qui négocie. Mais qui ne fait plus peur. Boualem Sansal n’est pas seulement un écrivain qu’on enferme. Il est devenu une ligne rouge. Et chaque jour qui passe sans réaction ferme est une claque supplémentaire à l’idée même de ce que la France prétend incarner : la liberté.

À lire aussi
Boualem Sansal emprisonné en Algérie : le sidérant mutisme du président Macron

Alors oui, il est encore temps d’agir. De cesser les suppliques. D’activer enfin nos leviers, sans trembler. Il faut dire haut et fort que la France ne marchande pas ses principes, qu’elle protège les siens, surtout quand ils incarnent sa grandeur. Sinon, Boualem Sansal ne sera pas seulement un otage d’Alger. Il deviendra le symbole d’un abandon officiel — un renoncement paraphé République française, au bas d’un document vide de courage. Et peut-être, un jour, ce renoncement portera un nom funèbre : l’épitaphe d’un écrivain mort en prison. Parce qu’il écrivait librement. Parce que nous avons baissé les yeux.

Source : Lire Plus

Article précédent

Doubs : Une enquête pour assassinat ouverte après la mort d’un détenu évadé depuis six mois

Article suivant

Baccalauréat : comment un sésame républicain s’est transformé en coquille vide

Laisser un commentaire Annuler la réponse

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Next Post
Baccalauréat : comment un sésame républicain s’est transformé en coquille vide

Baccalauréat : comment un sésame républicain s’est transformé en coquille vide

Related Posts

Rennes : Une femme décède dans l’incendie de son appartement, son fils gravement brûlé
Auto

Rennes : Une femme décède dans l’incendie de son appartement, son fils gravement brûlé

26 Nov 2025
Discours de Philippe de Villiers, Harmonie Comyn ovationnée… Ce qu’il faut retenir de la soirée «Face à vous» au Dôme de Paris
Auto

Discours de Philippe de Villiers, Harmonie Comyn ovationnée… Ce qu’il faut retenir de la soirée «Face à vous» au Dôme de Paris

26 Nov 2025
Terrorisme : le christianisme reste la cible privilégiée des djihadistes, souligne une note de la DGSI
Auto

Terrorisme : le christianisme reste la cible privilégiée des djihadistes, souligne une note de la DGSI

26 Nov 2025
Islamisme : les chrétiens sont devenus une cible privilégiée, alerte la DGSI
Auto

Islamisme : les chrétiens sont devenus une cible privilégiée, alerte la DGSI

26 Nov 2025
Auto

Seine-Saint-Denis : La mère du narco qui est sorti en permission interpellée le même jour

26 Nov 2025
Menaces de mort et de viols, surveillance… Des dealers font fuir des travailleurs sociaux à Marseille
Auto

Menaces de mort et de viols, surveillance… Des dealers font fuir des travailleurs sociaux à Marseille

26 Nov 2025



Urgence France

©2020 France Alerte

Aller plus loin

  • Contact
  • Mentions légales
Paramètres de Gestion de la Confidentialité

Suivez-nous

No Result
View All Result
  • Accueil

©2020 France Alerte

Login to your account below

Forgotten Password?

Fill the forms bellow to register

All fields are required. Log In

Retrieve your password

Please enter your username or email address to reset your password.

Log In

Vous avez choisi de refuser le consentement des cookies. Ce site totalement gratuit depuis sa création et a pour vocation de le rester. En nous empêchant de diffuser de la publicité ciblée, vous ne permettez plus au site de vivre.

Nous vous proposons donc de revoir votre choix et d'accepter les cookies en cliquant ici afin de reprendre une navigation adaptée.

Merci à vous