Son nom ne vous est pas inconnu ? Et pour cause : chez les Martinez, on est cycliste de père en fils. Le grand-père, Mariano, a participé à dix Tours de France entre 1971 et 1981, décrochant deux étapes (en 1978 au Pla d’Adet, maillot à pois à la clef, et en 1980 à Morzine). Le papa, Miguel, a été champion olympique de VTT en 2000 à Sydney après avoir récolté le bronze quatre ans plus tôt à Atlanta. Sans oublier l’oncle, Yannick, qui a fait une très honorable carrière professionnelle sur route.
À 21 ans, Lenny, du haut de son mètre soixante-huit, est taillé pour la montagne. Ce n’est pas un hasard si sa première victoire dans l’élite fut la classique du Mont Ventoux en 2023. La même année, sur le Tour d’Espagne, il s’est payé le luxe de porter durant 48 heures la tunique rouge de leader de la Vuelta.
Après deux saisons chez Groupama-FDJ, la structure de Marc Madiot, le natif de Cannes a rejoint Bahrain Victorious, qui bénéficie du soutien financier du royaume de Bahreïn et lui a offert un très lucratif contrat de trois ans (de 2025 à 2027). Le voici donc qui participe à la Grande Boucle sous ses nouvelles couleurs, aux côtés de l’expérimenté Slovène Matej Mohoric, du sprinteur allemand Phil Bauhaus ou du prometteur colombien Santiago Buitrago. Avec l’ambition de lever les bras et pourquoi pas de revêtir le maillot à pois.
Le JDD. Quel est votre objectif ?
Lenny Martinez. Je vise plutôt les victoires d’étape que le classement général. Je pense que la première étape qui pourrait me convenir sera celle de Mûr-de-Bretagne.
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C’est-à-dire la 7e étape avec une arrivée en côte, le 11 juillet, le jour de vos 22 ans…
Oui, ce serait sympa (sourire).
L’année dernière, pour votre découverte du Tour (avec Groupama-FDJ), vous aviez terminé dans l’anonymat du peloton (124e). Était-ce une déception ?
Honnêtement, non. Je n’étais pas venu pour le classement général. J’étais davantage là pour les étapes. Malheureusement, quand on vient pour les étapes et qu’on n’arrive pas à en décrocher une, on repart avec pas grand-chose. C’est le jeu. Au final, j’étais quand même content de découvrir le Tour.
Depuis, vous avez remporté sous vos nouvelles couleurs une étape de Paris-Nice, une autre sur le Tour de Romandie et une troisième sur le Dauphiné. Avez-vous changé de dimension ?
Oui, c’est sûr, c’est mieux cette année. Je me dis que chaque victoire est la plus belle. Ce qui est super, c’est d’avoir remporté trois succès, à chaque fois sur des courses World Tour [les courses les plus réputées de la saison, NDLR].
Pourtant, quand vous avez annoncé l’été dernier votre changement d’équipe, certains disaient : « Lenny aurait dû rester dans une formation française, il va chez Bahrain pour le salaire… » Avez-vous montré à vos détracteurs que votre décision était la bonne ?
Personnellement, je savais que je faisais le bon choix. Les gens te jugent et donnent leur opinion. Nous sommes des athlètes de haut niveau, nous sommes exposés. Mais ça ne me dérange pas trop. Je fais du vélo pour moi.
« Mon grand-père sera devant sa télé, ça c’est certain »
Et vous avez dû vous mettre à l’anglais !
Oui, dans l’équipe, on parle uniquement en anglais. J’ai été obligé de m’adapter et maintenant, ça va, je me débrouille plutôt bien (sourire).
Vous considérez-vous comme un grimpeur (capable de passer la montagne) ou un puncheur (capable d’accélérer dans les côtes) ?
Un peu des deux. Mais j’ai beaucoup travaillé ma capacité « punchy » et j’ai un peu délaissé le côté grimpeur pour l’instant. À terme, je vais peut-être « prendre de la caisse » pour mieux grimper.
Le maillot à pois, qui fête ses 50 ans, vous fait-il rêver ?
Forcément. D’autant plus que mon grand-père l’a eu en 1978. Ça pourrait devenir un objectif. Ça se décidera pendant le Tour. Si on gagne une étape, on peut commencer à prendre des points pour le maillot à pois.
Une autre tunique fête ses 50 ans : le maillot blanc de meilleur jeune est-il aussi dans un coin de votre tête ?
Vu que je ne joue pas le classement général, c’est complètement impossible pour l’instant d’aller le chercher.
Votre grand-père et votre père viendront-ils ?
Mon grand-père sera devant sa télé, ça c’est certain. Quant à mon père, peut-être qu’il viendra me voir. Il ne me l’a pas encore dit. Ce sera la surprise.
On l’oublie, mais votre père a aussi fait le Tour de France en 2002 !
Oui, avec l’équipe Mapei-Quick-Step. Il m’a dit que ça roulait très, très vite. Comme il venait du VTT, c’était compliqué mais il a réussi à aller dans quelques échappées et bien finir le Tour [44e à Paris]. Même si c’était très dur, il avait bien aimé.
La vitesse, justement. Quand on voit les chutes à répétition, parfois graves, est-ce une préoccupation ?
Souvent, les chutes ne surviennent pas dans les descentes. Elles arrivent quand on est en peloton. C’est une crainte car la plupart du temps, ce n’est pas de notre fait. On chute parce que ça tombe devant nous, et quand on roule à 50 ou 60 kilomètres/heure sur le plat en peloton, on ne peut rien faire. On croise les doigts pour passer entre les chutes…
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