
C’est un déchirement pour Kamel Daoud. L’écrivain franco-algérien, opposé au régime d’Abdelmadjid Tebboune, a annoncé la mort de sa mère ce vendredi 11 juillet. Visé par deux mandats d’arrêt internationaux émis par l’Algérie, une plainte et une assignation en France, le lauréat du prix Goncourt 2024 déplore qu’il ne puisse pas retourner dans son pays natal pour se recueillir après la disparition de celle qui lui a donné la vie.
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« À Tebboune, Kamel Sidi Said, Belkaïm, et aux autres : il y a des jours qu’on n’oublie pas. Aujourd’hui, ma mère est décédée. Je ne peux pas la voir, la pleurer, ni la saluer et l’enterrer, car vous m’avez banni de mon foyer et m’avez interdit de revenir dans mon pays », a-t-il écrit sur son compte X.
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Son cri du cœur a ému de nombreuses personnalités. À commencer par le président du gouvernement Kabyle, Ferhat Mehenni : « Je présente mes plus sincères condoléances à Kamel Daoud privé du droit d’enterrer sa mère. Une douleur indicible que nous sommes nombreux, en tant que Kabyles, à avoir endurée. »
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Arnaud Benedetti, membre actif du comité de soutien à Boualem Sansal, a également apporté son soutien à Kamel Daoud, déplorant le fait que « la dictature algérienne lui interdise » de rentrer dans son pays. « Toutes nos pensées l’accompagnent dans ce moment où la cruauté d’un régime se rajoute à la douleur du deuil », a-t-il écrit.
De son côté, l’essayiste Amine El-Khatmi a fait part de sa « consternation » : « Rima Hassan en bonne collabo explique que l’Algérie est la « Mecque des libertés ». Kamel Daoud vient de perdre sa mère à Alger. Il ne peut pas aller s’incliner devant sa dépouille au risque de finir dans un cachot avec Boualem Sansal » – emprisonné depuis novembre 2024 dans les geôles algériennes. « Des pensées chaleureuses à Kamel Daoud, un fils courageux, un homme profondément humaniste, un grand écrivain confronté à la noirceur sinistre d’un dirigeant totalitaire, un régime corrompu et si cruel pour ses propres enfants », a encore écrit l’ancienne DRH de Charlie Hebdo, Marika Bret.
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